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A comme Alone. Thomas Geha

J’avais eu l’occasion de découvrir Thomas Geha grâce à son recueil de nouvelles Les créateurs, et j’avais bien aimé. C’est sans hésitation que je me suis donc acheté son roman A comme Alone, d’autant plus qu’une amie, qui a les mêmes goûts littéraires que moi, me l’avait conseillé.

 

 

Synopsis

Pépé est un Alone, l’un de ceux qui errent sur les autoroutes sauvages d’une France post-cataclysmique, en proie aux hordes de pèlerinceurs, aux monstrueuses voitortues, aux mutants diaboliques et aux fanatiques de tous bords. Il cherche Grise, la femme qui l’a elevé et qu’il aime encore. Mais y a-t-il encore de la place pour ce sentiment dans un monde sans pitié ? Qui triomphera ? A comme Amour ou A comme Anarchie ? A comme Apocalypse ou A COMME ALONE…

 

 

Mon avis

Ne vous fiez pas à son nom : Pépé n’a rien d’un Papy Mougeot parkinsonnien. Pépé c’est un jeune Alone dans la vingtaine en pleine possession de ses moyens. Dès les premières lignes, j’ai senti que j’allais beaucoup aimer ce Pépé ! Un jeune homme au caractère bien trempé, à l’esprit aiguisé et à la répartie bien cassante, je ne pouvait qu’adhérer. Et j’ai senti rapidement que j’allais me payer quelques tranches de rigolades en sa compagnie. Et pourtant, la toile de fond ne se prête pas vraiment aux grosses marrades.
Nous sommes en pleine période apocalyptique. La France telle que nous la connaissons n’est plus… Pourquoi ? Comment ? Depuis combien de temps ? On ne sait pas, et à la limite on s’en fiche un peu, car cette France post apocalypse est bien décrite, je n’ai pas eu de peine à me l’imaginer. Les descriptions ne son pas nombreuses, mais suffisamment efficaces pour nous donner un bon aperçu. Et donc ce cher Pépé tente de vivre sa vie d’Alone comme il le peut, au milieu des dangers naturels, mais aussi des groupes fanatiques divers. Parce que visiblement, quelques survivants humains ont tendance à voir des réincarnations de divinités un peu partout, et souhaient faire profiter les autres de leurs visions… même si c’est par la force de la drogue ou de la torture.
Or, par un hasard de circonstance, Pépé découvre que la femme qu’il a élevé et qu’il aime n’est pas morte, contrairement à ce qu’il pensait. Commence pour lui un périple pour aller sauver la Dame. Evidemment, tout ne se passe pas dans le meilleur des mondes.

Sur le chemin, nous croisons bien sûr quelques fanatiques, mais aussi des gens plus sympas. Nous croisons également quelques étrangetés mutantes, telles que des nadrones ou des voitortues, avec lesquelles on n’a pas spécialement envie de faire ami-ami.

J’ai beaucoup aimé le style de Thomas Geha, très incisif et plein d’humour. Comme je le disais, il ne s’encombre pas de descriptions à foison, privilégiant l’action en elle-même. Et côté action, il y a de quoi faire !! Celles-ci s’enchaînent et ne laissent pas de répis au lecteur.
Outre Pépé, j’ai trouvé les autres personnages très attachants et bien travaillés. J’ai aimé faire la connaissance de Gaby et Flo, ses alliés d’un temps, mais également des personnes moins gentilles. Enfin… pour ces dernières j’ai surtout adoré la façon dont Pépé se fait un devoir d’affronter leurs fanatismes délirants. Non vraiment, avec Pépé on ne s’ennuie pas une seconde !

Toutefois, j’avoue avoir été un petit peu frustrée sur la fin du livre. J’ai trouvé que notre héros s’en sortait parfois un peu trop facilement, qu’il manquait un petit truc pour rendre son entreprise de libération de sa dame plus palpitante. Mais je l’ai été d’autant plus qu’un des personnages avait suffisamment de matière pour lui donner du fil à retordre, mais finalement ne semble que faire de la figuration. J’aurais tellement aimé voir un duel de choc entre Corman et Pépé…

 

En conclusion, A comme Alone est un très bon roman, plein d’humour et d’aventures, et c’est sans hésiter que je vous invite à découvrir la plume de Thomas Geha. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il y a une suite que je pense m’acheter dans le courant de l’année 🙂
Je précise que j’ai lu la version éditée chez Rivière Blanche parue en 2005, et que le livre a été réédité en 2014 avec, si j’ai bien compris, quelques modifications.

Les créateurs – Thomas Geha

J’aime les belles couvertures de livres. Il m’arrive même parfois d’acheter un roman uniquement parce que la couverture elle est trop belle et que le titre me plait. Ce fut le cas avec ce recueil de nouvelles signé Thomas Geha. Je n’avais jamais entendu parler de Thomas Geha, et moi j’aime bien découvrir des nouveaux auteurs.

 

 

Synopsis

Il était une fois rien du tout. Il était une fois six histoires où le lecteur se retrouve confronté à des situations improbables, quoiqu’étrangement familières. Et si vous pouviez faire revivre un être disparu ? Et si votre rêve le plus fou pouvait se réaliser ? Et si votre vie était factice ? Et si l’amour n’était qu’un éternel recommencement ? Et si, et si, et si.
Voulons-nous vraiment connaître le jardin secret des personnes que l’on aime ? Dans ce cas, la cécité et le silence ne sont-ils pas nos meilleurs alliés ? Quel prix sommes-nous prêts à payer pour le découvrir ?

 

Mon avis

Les créateurs, ce sont six nouvelles. Six petits bonbons que j’ai dégustés avec délectation. J’ai eu un petit coup de cœur pour ces textes mêlant poésie, tendresse, fantastique, humour et tragédie. Oui, tout ça à la fois, et même beaucoup plus !

 

La voix de Monsieur Ambrose se déroule dans le Paris du XIXème siècle. Nous suivons les aventures de cet homme de théâtre qui, malgré son jeu de scène excellent, ne connaîtra jamais la gloire des grandes salles. La faute à sa voix qui ne porte pas.
Doucement, sans avoir l’air d’y toucher, l’auteur mène sont histoire vers une dimension fantastique. Et c’est tellement naturel qu’on se laisse prendre au jeu. Pour notre plus grand bonheur. Il plane sur cette nouvelle un certain mystère, vous savez, ces énigmes qu’on ne comprend pas, mais qu’on n’a pas envie de comprendre, parce que finalement ce serait briser la magie. Et c’est tellement bon la magie…

 

Là-bas nous emmène à Prague. Prague, son Pont Charles, son fleuve : la Vltava, ses cartomanciennes… son golem.
Cette nouvelle nous propose une nouvelle version du mythe du golem.
J’ai aimé cette histoire à la fois belle et tragique. J’ai aimé la façon dont l’auteur l’a écrite. J’ai aimé l’atmosphère qui semble osciller entre réalité et surnaturel. Une nouvelle très agréable à lire, donc.

 

Copeaux est  sans aucun doute l’histoire que j’ai préféré. On y parle de ces amours non-dits, de souvenirs, de mémoire, et de Noël, ou plutôt de l’absence de cette fête.
L’histoire est empreinte de nostalgie, un peu de mélancolie, de tristesse aussi. Quoique pour cette dernière je n’en suis pas si sûre, parce que malgré tout, Copeaux c’est le genre d’histoire qui donne du baume au cœur. Qui te font sentir bien après un moment de moins bien. Vous voyez ce que je veux dire ?

 

Bris est la nouvelle qui m’a donné le plus de mal. Plusieurs fois je me suis perdue dans l’histoire, n’étant pas sûre de bien la comprendre.
Nous suivons l’histoire d’un homme amnésique, à la recherche de sa mémoire. On se pose la question de savoir s’il est possible de vivre sans connaître son passé et donc sans se connaître soi-même. Sommes-nous prêts à tout savoir, même si ce passé s’avère des plus sinistres ?
La construction de la nouvelle est assez originale, et si j’ai eu du mal au début, j’ai fini par l’apprécier.

 

Dans les jardins nous emmène quelque part en Bretagne. Je cherche comment je pourrais vous résumer l’histoire… et je ne vois pas. Ce que je peux vous dire, c’est qu’elle est magique, dans le sens pas complètement réelle, mais aussi dans le sens merveilleusement belle. A part vous inviter à la lire, je ne sais pas ce que je pourrais dire d’autre. Ça vous suffit pour vous convaincre ou pas ? 😀

 

Sumus Vicinae est une nouvelle assez étrange. A vrai dire, je ne suis pas sûre de l’avoir totalement comprise. En fouinant sur le net, j’ai appris qu’il s’agissait d’un hommage au compositeur Nicolas Lens. Cette histoire est certes bizarre, et même si je n’ai pas saisi toutes les subtilités, je l’ai trouvée sympathique à lire.

 

 

Au final, Les créateurs est un recueil de nouvelles dans lesquelles j’ai été ravie de me plonger. Thomas Geha sait raconter ses histoires avec des mots justes. Il a su faire ressortir les émotions de ses personnages grâce à une sensibilité toujours bien dosée. On ne tombe jamais dans le mélodrame (pour les histoires plus tristes), ou à contrario dans le hyperbarré (dans celles plus fantasques).

En refermant ce petit livre de 138 pages, j’ai eu une sensation de bien-être. Et rien que pour ça, je suis heureuse d’être tombée sur ce livre.