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Fahrenheit 451. Ray Bradbury

Depuis longtemps, j’avais envie de lire Fahrenheit 451, de Ray Bradbury. Alors,quand en préparant le swap de l’avent de Gagathe, j’ai vu que ce roman était dans sa wishlist, je me suis dit que ça pourrait être l’occasion de lui proposer une lecture commune. Ce qu’elle a accepté immédiatement.
Dernièrement, nous avons donc lu ensemble cette œuvre, et échangé quasiment en direct live sur nos ressentis. Et c’était franchement très, très intéressant.

 

 

Synopsis

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable.
Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

 

Mon avis

Dans ce roman, nous suivons Guy Montag, un pompier qui veille au respect des règles de gouvernement. Et l’une de celle-ci consiste en l’interdiction des livres, sans quoi ces derniers sont brûlés par les pompiers. Et Montag fait son travail avec sérieux et conviction. Mais le jour où il rencontre Clarisse, il se met à douter de lui-même, de ce monde qui l’entoure, de la raison de son existence. C’est tout son monde qui s’écroule autour de lui, et bien sûr ça le perturbe quelque peu… D’autant plus qu’en fin de compte, cela faisait déjà quelques temps qu’il se posait des questions sans vraiment vouloir se l’avouer. Sinon, pourquoi aurait-il lui-même caché des livres ? Hein ?

Avec Fahrenheit 451, Ray Bradbury nous embarque dans une dystopie où le livre n’a pas droit de cité. Un monde où tout est contrôlé, régi, où l’individu ne peut et ne doit réfléchir par lui-même. Evidemment, ayant lu l’excellent 1984 de George Orwell il y a quelques mois, j’ai eu vite fait de trouver des similitudes aux deux romans, mais aussi pas mal de différences, et heureusement ! Cela étant, je ne m’étendrai pas là-dessus, n’ayant pas envie de faire un comparatif en bonne et dûe forme entre ces deux œuvres.

Fahrenheit 451, c’est l’histoire d’un monde qui refuse la lecture et les livres car ceux-ci font peur. Ils émettent des idées différentes, se contredisent, bref mettent le boxon dans la tête des gens et ça, c’est plutôt mal vu. Oui, si les gens se mettent à penser par eux-même… non mais franchement où va-t-on quoi ? Cependant, comme aucun monde n’est parfait, il y a toujours des rebelles. Des gens qui ne peuvent pas faire comme tout le monde. Il y a ceux qui vont assumer clairement leur différence, quitte à disparaître après, comme Clarisse. Et il y a ceux qui ne savent pas trop où ils en sont, agissent à l’encontre du gouvernement mais sans réellement comprendre pourquoi ils le font, comme Guy Montag. Or, vouloir se rebeller contre le gourvernement peut avoir des conséquences graves, et ça, Montag va l’apprendre à ses dépends.

Le début du roman est assez intriguant, car j’ai eu du mal à savoir dans les premières pages où l’auteur voulait nous emmener. Ce qu m’a particulièrement marqué est le fait que le lecteur soit directement plongé dans l’histoire, sans aucune introduction. En fait, j’ai eu l’impression que l’histoire avait déjà commencé avant que j’ouvre le livre et que l’auteur m’invitait à la rejoindre en cours de route. Et pour autant, je ne me suis absolument pas sentie perdue. J’ai rapidement saisi dans quel monde je me trouvais.
J’ai aimé le fait que l’intensité et l’action monte crescendo tout au long du roman. En effet, au début nous sommes essentiellement dans la réflexion et la passivité. Et surtout dans celle de Guy Montag. Mais au fur et à mesure, l’histoire va se faire plus active, à l’image de son personnage principal. De même que l’univers créé par l’auteur va se dévoiler dans son intégralité, avec ce gouvernement qui ne veut pas laisser le choix aux gens, ces personnes qui se conduisent sans réfléchir par eux-même, même dans l’absurdité la plus complète… Et il faut bien l’avouer, tout cela n’est pas très rassurant.
Parce que vous vous imaginez vous, un monde sans livres ? Impensable n’est-ce pas ? Mais plus qu’un monde sans livres, c’est un monde sans pensée, sans réflexion qui nous est présenté là. Le livre n’étant bien sûr qu’un support, ô combien utile, et donc controversé, de cette réflexion.
Ce qui n’est pas plus rassurant, c’est de voir des gens, comme la femme de Montag, se laisser happer par la technologie, vouloir toujours plus d’écran, vivre à travers eux. Alors forcément, quand elle annonce qu’elle préfèrerait avoir un écran de télé plus grand plutôt qu’une maison plus confortable, ça fait froid dans le dos. Non seulement pour l’idée même de la chose, mais surtout parce qu’on se rend compte que Ray Bradbury était quand même un sacré visionnaire sur certains points de notre société actuelle.

Dans son ensemble, Fahrenheit 451 est clairement plus un roman de réfléxion qu’un roman d’action, même si certaines scènes peuvent nous démontrer le contraire. Réflexion sur le bonheur, sur la vie, sur la conscience… Bref sur tout ce qui fait que l’être humain n’est pas une simple coquille vide.
De prime abord, l’histoire est terriblement pessimiste. Et hormis Clarisse, armée de son non-conformisme et de son regard « différent » sur le monde, tout semble sombre dans cette histoire. Cependant, je ne pense pas que l’on puisse parler de roman négatif, car derrière tout cela, l’auteur nous laisse entrevoir une possibilité d’un monde autrement plus ouvert que celui décrit dans ces pages. Je me dis que c’est peut-être pour cela qu’il a fait quitter la ville à Guy Montag : pour lui permettre de revenir et de tout reconstruire sur de bonnes bases…

En conclusion, j’ai beaucoup aimé découvrir ce grand classique de la science-fiction, et j’ai encore plus aimé mes échanges avec Agathe ^^.

L’article où tu apprends à faire une addition

Une collègue qui comme moi adore lire me tannait depuis des mois pour que je lise 1984 de George Orwell. Parce que c’est son livre favori, qu’on a pas mal de goûts en commun, et qu’elle voulait qu’on puisse ne discuter ensemble.
Donc, en novembre j’ai lu 1984.

 

Synopsis

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face.
BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.
Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

 

Mon avis

Mais quel livre génial quoi ! 1984 est assurément un grand classique de la Science-fiction qu’il faut avoir lu une fois dans sa vie.

Dans cette société créée par Orwell, on est surveillé à chaque coin de rue par le fameux Big Brother, on pense comme pense le gouvernement, on ne s’appelle pas collègue ou ami, mais camarade, on respecte le couvre-feu pour rentrer chez soi, et surtout on participe aux activités quotidiennes imposées par Big Brother. C’est donc dans cette joyeuse atmosphère que nous faisons la connaissance de Winston Smith, jeune travailleur sans histoire. Winston a un travail bien précis : il modifie les éditions précédentes du journal, afin que les prédictions passées correspondent toujours à la réalité du jour. Ainsi, des nations qui étaient amies se retrouvent ennemies, des personnes qui ont trahi et ont donc disparu n’ont tout simplement jamais existé, bref quoiqu’il se passe Big Brother a toujours raison. Et parce qu’il est habitué à vivre comme ça, Winston ne se pose pas trop de questions sur sa vie puisque tout le monde vit comme ça. Jusqu’à ce que…

Il est quand même sacrément terrifiant ce livre, en fait ! Parce qu’il touche tout de même un point fondamental de notre société : la liberté, sous toutes ces formes. Dans ce roman, George Orwell a poussé à son paroxyme un monde dicté par une dictature totalitaire et sans merci. Un monde où toute pensée personnelle et surtout contraire à Big Brother est punie de mort. Et ce qui le rend d’autant plus terrifiant, c’est que ce roman s’appuie sur clairement sur la réalité. En effet, à travers cette société, ce sont bien les régimes idéologiques et leurs dérives les plus extrêmes que l’auteur avait pour but de dénoncer. Bien sûr, on pense au régime nazi, mais aussi à l’idéologie soviétique et son sa propension à cadrer plus que nécessaire la vie des citoyens. Enfin, l’on pourrait aussi parler du Maccartysme américain et sa fameuse chasse aux sorcières. Surveillance, méfiance, délation… voilà des thèmes communs à ces régimes et au roman.

Ce qui m’a particulièrement frappée dans ce roman, c’est l’immobilisme qui y règne. En effet, j’ai eu l’impression que tout ce qui ne concernait pas Winston directement restait immuable. Le monde de 1984 ne bouge pas, il subit son destin et d’ailleurs dans l’ensemble ne se pose pas de questions. La liberté d’expression n’existe plus, et pour les plus jeunes elle n’a jamais existé, donc comment s’imaginer autre chose quand on on toujours vécu dans un monde où tout est surveillé ?

Alors, même quand Winston rencontre Julia, même quand on pense qu’il y aura du changement, j’ai trouvé qu’il règnait quand même une certaine inaction dans la façon de raconter de l’auteur. Mais curieusement, cette inaction ne m’a pas ennuyée. Au contraire, j’ai trouvé qu’elle apportait une certaine angoisse au récit, une façon d’accentuer la main-mise de Big Brother sur le peuple et l’absence de rebellion de ce dernier.

J’ai trouvé la fin du roman surprenante bien sûr, mais tellement juste ! En y réfléchissant, je pense que c’était finalement la seule fin possible et surtout crédible pour cette histoire.

En conclusion, chacun est bien sûr libre d’apprécier ou non le texte, le style, le contenu… mais je dirais que 1984 est un roman à avoir lu au moins une fois dans sa vie, car il est une cruelle mais pour autant belle critique de notre société.

 

Côté challenge

Les âmes vagabondes. Stephenie Meyer

Twilight et moi, ce n’est pas comme qui dirait une grand histoire d’amour. Encore aujourd’hui, je ne sais toujours pas comment j’ai fait pour lire l’intégrale de la Saga, mais en plus regarder tous les films. Enfin si je sais. Question de mode, parce que je voulais moi aussi connaître cette fameuse histoire dont tout le monde parlait à l’époque. Oui, oui, moi aussi des fois je me laisse influencer par les phénomènes de mode…
Bref, après ça je me suis dit que pujamédlavie je ne lirai du Stephenie Meyer. Non mais sérieusement, j’en étais convaincue quoi !!
Et puis, il  y a cette collègue, et surtout amie, qui m’a dit que mais siiii je t’assure que Les âmes vagabondes c’est beaucoup mieux que Twilight, ça n’a rien à voir !! C’est pas mièvre comme Twilight !!
Elle a fini par me convaincre… Et pendant mes vacances d’été j’ai lu Les âmes vagabondes de Stephenie Meyer.

 

Synopsis

La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu’elle ne peut pas oublier. L’amour pourra-t-elle la sauver ?

 

Mon avis

Dire que cette lecture a révolutionné ma vision de la littérature, faut pas pousser. Mais n’empêche que j’ai été très agréablement surprise. Et mon copine a bien fait de m’inciter à lire ce roman.

Commençons par planter le décor.
L’histoire se déroule sur Terre. Une terre qui en a pris pour son grade et se trouve donc dans un état loin d’être rose bonbon. Les hommes ont déconné, ils n’ont fait que se battre, bref, les hommes ne sont pas responsables, et les êtres des autres planètes (parce que non, nous ne sommes pas seuls !) ont décidé qu’il fallait faire quelque chose. Ou plus exactement, une planète, peuplée d’entités appelées âmes ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Leur solution : s’introduire dans la tête des humains et prendre leur place . Autrement dit, l’âme rentre dans le cerveau, pique la raison de l’humain et également son corps.
Vagabonde, âme de son état, va donc se retrouver catapultée dans la tête de Mélanie, terrienne de son état. Et ça, bah ça lui fait pas peur à Vagabonde. Parce qu’elle l’a déjà fait des tas de fois avec des êtres vivants d’autres planètes. Et ça c’est toujours bien passé. Mais évidemment, Mélanie n’est pas de cet avis, et avoir quelqu’un qui lui pique ses pensées ne lui plaît que moyennement. Très moyennement.
Vagabonde se retrouve donc en proie à deux problèmes : celui de Mélanie qui veut à tout prix lui cacher des secret, et celui d’une traqueuse qui veut à tout prix lui soutirer des informations sur des humains rebelles. Et si au début la petite âme n’avait pas de doute sur quel clan choisir, elle s’apercevra rapidement que finalement ce n’est peut-être pas si simple que cela. Tout ça à cause d’un truc typiquement humain : Les sentiments. Parce qu’en fait ces humains ils sont capable du pire comme du meilleur. Diantre qu’ils sont compliqués ! Et si finalement l’image que Vagabonde avait des hommes était en partie erronnée ? Et si finalement l’âme qu’elle est n’était pas pire dans ses agissements que les hommes ?
Voilà de quoi lui donner matière à réflexion et surtout réviser sa vision de l’Univers…

Tout d’abord, j’ai bien aimé le monde dans lequel nous emmène l’auteure. Ses descriptions sur les paysages de la terre m’ont semblés très réalistes, et je n’avais pas de problème à me les imaginer. Je suis très facilement rentrée dans le décor proposé. Mais j’ai aimé aussi les autres mondes qu’elle a créé, car si finalement on en sait que très peu sur ces autres planètes, elle nous donne suffisamment de détail pour se les représenter ou tout du moins essayer de se les créer mentalement.

Ensuite, il y a la confrontation entre Vagabonde et Mélanie, que j’ai trouvé plutôt bien travaillée. J’ai surtout aimé l’évolution de leurs duels, qui tantôt se tranforment en duos tantôt en duels. J’ai aimé les réflexions qu’elles s’apportent l’une à l’autre, qu’elles soient d’accord ou non entre elles. A un moment, j’ai déploré le fait que Mélanie ait quasiment disparu, se faisant des plus discrète possible. Et puis en y réfléchissant, et bien je me dis qu’en fait non, il n’y avait rien à déplorer. Car cela est tout à fait justifié à mon sens.
En revanche, ce qui m’a manqué c’est d’avoir un peu plus d’explications sur ces âmes. Car mis à part le fait que ces âmes sont quasi immortelles dès l’instant où elles sont hébergées par un hôte, qu’elles vivent pendant des millénaires, je ne sais pas grand-chose, et je trouve que ça manque à l’histoire. Et notamment, j’aurais bien voulu savoir et comprendre pourquoi et comment elles sont nées, et comment elles ont dévoloppé leur savoir pour s’introduire dans les crânes des humains. Et donc, pour Vagabonde, j’étais ravie d’apprendre qu’elle avait vécu dans des tas d’hôtes, mais il m’a manqué une partie de son histoire afin de mieux la saisir dans son ensemble.

Dans cette histoire, d’autres personnages, notamment masculins entrent en ligne de compte. Je ne vais pas les détailler, vous laissant le soin de les découvrir par vous-même, mais dans l’ensemble j’ai été agréablement surprise. D’une part, car j’ai trouvé que Stephenie Meyer leur attribuait des caractères tout à fait crédibles, et surtout parce qu’il n’y a pas de caricature exagérée. Parce que oui, on a droit au chef qui sait désamorcer n’importe quel conflit, oui on a droit au type rustre qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de cette âme et qui ne s’en cache pas. Seulement l’auteure a eu l’intelligence de ne pas les faire évoluer dans le sens vers lequel on s’y attend. Genre à la fin le gars qui pouvait pas piffrer Vagabonde va lui sauter dans les bras en pleurant. Ce genre de truc quoi !! Et du coup, ça rend l’histoire plus crédible, mais aussi plus belle.

Les âmes vagabondes, c’est à la fois une histoire de science-fiction, avec des humains qui essaient de survivre et de résister à une invasion extraterrestre, et une romance où il est question d’un triangle amoureux. Enfin, de deux triangles amoureux qui s’entrelacent. Et si parfois j’ai trouvé que les histoires d’amour empiétaient un peu trop sur l’histoire de fond, je n’ai pas senti pour autant qu’elle étouffait le récit. Car oui, Vagabonde est ici à la base pour prendre la place de Mélanie, mais en même temps il y a ces nouveaux sentiments qu’elle découvre et qui viennent la perturber… Et il est d’ailleurs amusant de voir à quel point elle peut s’humaniser dans ces instants-là.
Alors j’avoue que parfois ses réflexions avec elle-même pour savoir qui elle aime, est-ce elle ou Mélanie, et oh lala mais je le cœur qui accélère ! M’ont paru un peu rébarbatives. Seulement, l’intrigue générale est bien menée, et cela m’a permis de mieux appréhender ces quelques passages longuets.

Cependant, que ce soit pour l’intrigue ou pour les personnages, il y a une chose qui m’a quelque peu déçue. En effet, je trouve que Stephenie Meyer n’ose pas assez écorner son histoire ou ses personnages. Selon moi, elle choisit à diverses reprises la solution de facilité, comme si elle ne voulait pas trop noircir un personnage, ou comme si elle n’osait pas donner une tournure à son récit qui pourrait choquer le lecteur ou tout du moins aller contre l’opinion générale. Ça fait un peu genre, je vous donne des billes pour une intrigue, mais je la conclusion je la joue soft, parce que je veux pas me mouiller en émettant une opinion. Et ça, c’est carrément dommage, parce que mine de rien, sans être une révolution dans le genre et sans être un cas philosophique, ce roman apporte son lot de réflexions et de questions. Et c’est pour ça que j’ai apprécié cette confrontation entre Vagabonde et Mélanie, elle apporte un raisonnement sur l’être humain et surtout sur ce qui fait son unicité qui est loin d’être inintéressante. Et du coup, j’ai trouvé que la fin du roman manquait de prise de risque pour se concentrer sur une conciliation un peu trop fleur bleue à mon goût. Non, moi je pars du principe que quand on lance une intrigue avec des pistes de réflexions sur la survie de l’humanité, sur les sentiments humains, sur l’invasion de la terre par des extraterrestres, sur la suppression de la pensée humaine, on ne conclut pas son histoire avec tout le monde est beau, gentil et se tient la main en faisant la ronde…

 

Alors, pour résumer tout ça. Oui, dans l’ensemble j’ai aimé Les âmes vagabondes. Pour son ambiance et les descriptions de l’univers bien menées par l’auteure. Parce que les personnages sont dans l’ensemble intéressants. Pour les thèmes qui méritent qu’on y réfléchisse un peu plus en amont que le roman en lui-même.
Mais ce roman n’a pas été un coup de cœur, et ne fera pas parti de mon top 50, car il aurait mérité une prise de risque plus affirmée de la part de l’auteure.

Je suis une légende. Richard Matheson

C’est par le biais du système du circul’livre que j’ai fait l’acquisition de Je suis une légende.
Vous connaissez le circul’livre ? Le principe est simple : il s’agit en fait d’un échange de livre. Un stand est installé, avec tout plein de livres, toi tu peux en prendre un, et en échange tu en laisses un autre.
Et donc, il y a quinze jours j’ai décidé de le lire.

 

 

Synopsis

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie.
Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil… Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

 

Mon avis

Vous avez vu le film éponyme avec Will Smith ? Vous vous souvenez de se aventures avec son chien ? Ok ! Alors oubliez ! Car si le titre est le même, s’il y a bien un chien dans l’histoire, et si le film s’inspire du livre, il est loin, très loin de lui rendre hommage. En fait, je crois que j’ai rarement été déçue par une adaptation ciné tirée d’un roman. Non pas dans le sens où le film est mauvais en soi (y a bien pire), mais parce qu’à mon sens, le message véhiculé par le roman ne ressort absolument pas du film. Ni par le personnage, ni par l’ambiance. Bref, je vais arrêter de parler du film pour me concentrer uniquement sur le roman.

Et alors mes amis, quelle claque !!! Je suis une légende est un roman court, mais tellement, tellement intense…

L’histoire c’est quoi ? C’est celle d’un monde apocalyptique, une terre où les morts-vivants, plus précisément des vampires, ont pris possession des lieux. Suite à une épidémie, les hommes meurent… avant de ressusciter. Plus pâles, plus bizarres, et surtout plus assoiffés de sang. Et en un rien de temps, toute la Terre est occupée par les morts-vivants… Toute ?! Non, car une maison peuplée par un irréductible gaulois américain résiste encore et toujours à l’envahisseur. Cet homme résiste à l’envahisseur grâce à une préparation minutieuse de chaque minute qui régente ses journées. Une préparation aussi bien matérielle qu’intellectuelle. Car il va lui en falloir du courage à ce cher Robert Neville pour faire face à cette horde de vampires.

Dès la première page du livre, nous nous retrouvons au cœur de l’action, en compagnie de Robert Neville. Et jusqu’à la fin, jamais nous ne le lâcherons. C’est donc par les yeux du personnage principal que nous découvrons ce monde apocalyptique. Très rapidement, l’auteur incite le lecteur à se mettre à la place de son personnage, et lui permet ainsi de se fondre dans l’histoire. Une histoire qui pourtant n’a rien de palpitante en soi, puisqu’il s’agit pour Robert de passer la journée à protéger sa maison, trouver de quoi se nourrir, avancer dans ses recherches sur la question de la venue de cette épidémie, puis passer sa nuit à essayer de dormir et espérer que ses protections tiendront le choc jusqu’à l’aube. Et quand cela dure depuis des années, on s’imagine aisément qu’il y aurait presque une sorte de routine, une monotonie.
Alors évidemment, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Il arrive parfois que cette routine soit brisée, qu’une protection soit moins efficace, et c’est ce qui va donner vie au côté Fantastique de ce livre.  Ce sont ses rebondissements de l’histoire qui m’ont tenu en haleine du début à la fin. Parce qu’évidemment, je me demandais à chaque fois s’il allait lui arriver quelque chose, s’il allait pouvoir résister une fois de plus à ses assaillants.

Mais ce livre, ce n’est pas qu’une histoire de Science-Fiction et de survie d’un homme envers et contre tout. C’est surtout un livre qui nous parle de la solitude d’un humain. Car il est clair que le vrai combat que mène Robert Neville n’est pas contre les vampires, mais contre sa solitude, contre cette vie en tant qu’être humain qu’il voit disparaître au fur et à mesure. En effet, au début de l’histoire, le personnage semble avoir un instinct de survie inébranlable. Il est prêt à tout pour résister. Et puis le doute s’installe dans sa tête, ainsi que dans celle du lecteur (en tout cas la mienne). Et alors, comment s’étonner qu’il se demande quel est l’intérêt de cette survie s’il est le dernier homme ? Et bien sûr, comme je le comprends, quand il dit vouloir tout abandonner, et se livrer corps et âme aux mort-vivants… Robert Neville est un homme ordinaire, il n’a rien d’un super héros préparé à sauver l’humanité. En fait, il n’était préparé à rien, et finalement je me dis qu’au début il a plus agi pour sauver sa propre peau que dans un quelconque but altruiste. Et ce n’est que par la force des choses que son regard sur lui-même et le monde qui l’entoure vont changer. Et c’est en ça que j’ai trouvé ce roman absolument génial : Le personnage principal n’est pas un héros. C’est un homme qui doute, qui baisse parfois les bras, qui n’arrive pas toujours à analyser ce qui lui arrive, mais un homme qui malgré tout va de l’avant, mu par un instinct de suvie purement humain.
En conclusion, Je suis une légende est un court roman à l’action peu présente, mais bourré de réflexions, d’introspections et toutes ces petites choses qui font que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

 

Côté challenge