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Edith, reine des saxons. Regine Sondermann

Avant de postuler pour ce partenariat littéraire avec Livraddict, j’ignorais l’existence d’une Edith Reine des saxons. C’est donc pour cela que j’ai eu envie d’en connaître un peu sur cette femme.

Je vais donc remercier Livraddict, ainsi que l’éditeur et l’auteure, qui a joint une symathique petite carte sur laquelle se trouvait un petit mot.

 

 

Synopsis

« Vous voulez m’aimer, mais vous ne me connaissez pas ». C’est par ces mots que la Reine Édith commence son récit, qu’elle nous adresse aujourd’hui la parole, à plus de mille ans de distance. L’auteur magdebourgeoise, Regine Sondermann transporte le lecteur dans un Moyen-Âge encore jeune, aux côtés d’une femme, dont on ne connaissait jusqu’à présent que peu de choses. Elle mourut à trente-six ans et fut enterrée dans la cathédrale de Magdebourg où ses ossements ont été retrouvés dans un petit cercueil de plomb, en l’an 2010. L’auteur a trouvé dans les sources historiques, les livres d’histoire et ses entretiens avec archéologues et historiens de petits morceaux de cette courte vie, qu’elle a patiemment assemblés et remis en place, comme un bol ancien brisé il y a très longtemps. Lire l’histoire d’Édith et de sa famille, c’est voyager dans des contrées inconnues, qui nous paraissent si proches, et se trouvent pourtant infiniment loin, c’est découvrir des moeurs tantôt archaïques, tantôt cruelles et la croyance profonde guidant et réconfortant nos ancêtres, livrés impuissants aux guerres, famines et maladies.

 

Mon avis

Voilà un récit fort intéressant, que l’on peut situer entre le roman historique et la biographie.
A travers la voix d’Edith, nous est racontée l’histoire de cette femme, née en Angleterre, mais aussi l’Histoire de cette époque, avec ses alliances, ses mariages plus ou moins forcés (surtout plus) pour récupérer une région, un fief, voir même un pays… Cette époque où les rois et autres souverains troquaient une fille ou un fils pour quelque richesse pouvant augmenter son pouvoir, et à l’occasion son égo.
C’est ainsi qu’Edith va se voir promise à Otton, qui deviendra une des grandes figures de cette époque. C’est par lui que l’empire Germanique va prendre toute son ampleur. Et être femme de Souverain, ce n’est pas forcément une sinécure. Surtout quand votre belle-famille passe son temps à se chamailler pour prendre le pouvoir. Et surtout quand votre mari s’avère avoir une forte personnalité. Mais contrairement à ce que pourrait faire penser ce que je viens d’écrire, Edith n’est pas la genre de femme à se laisser abattre et à subir. C’est une jeune fille qui a certes une certaine fragilité, et surtout beaucoup de sensibilité, mais elle sait aussi avoir du caractère quand il le faut. Ainsi, si elle ne prend pas part aux grandes décisions politiques en cours, elle aura su influencer dans le domaine de la culture et de la connaissance, notamment en faisant construire une bibliothèque, ou encore en mettant en place l’instuction des enfants.

Ce roman nous est raconté à la première personne, c’est donc Edith elle-même qui nous raconte son histoire. Un parti pris de l’auteure que j’apprécie beaucoup, car cela donne une dynamique à l’histoire, et en tant que lecteur on se sent plus impliqué et concerné par le destin de cette jeune femme. Cependant, j’avoue que par moment j’ai trouvé que le récit manquait d’un souffle romanesque, je trouve qu’il y a un côté un peu trop scolaire. Même si le roman est raconté à la première personne, j’ai plus ressenti ce roman comme une biographie que comme un roman historique.  Pour moi, il manquait ce partage de passion que peuvent me faire ressentir d’autres écrivains historiens tels que Christian Jacq ou encore Gilbert Sinoué.
Malgré cela, ce roman reste une très bonne lecture, fort agréable, car le contenu s’avère riche d’enseignement. J’ai aimé découvrir cette femme dont je ne connaissais rien, j’ai aimé en savoir plus sur cette époque, dont je connaissais les grandes lignes, mais sans plus.
Alors, si vous souhaitez en découvrir plus sur Edith reine de saxe, sur Otton, premier Empereur du Saint Empire, et sur l’histoire de la fin du 1er millénaire, sans hésitation je vous conseille cette lecture.

La voleuse de livres. Markus Zusak

Je suis allée voir La voleuse de livres au cinéma lors de sa sortie. J’ai tout simplement adoré, et j’avais donc ajouté à ma wishlist le roman dont a été adapté le film. Or, pendant le swap de l’avent avec Gagathe, j’ai eu la merveilleuse surprise de le découvrir parmi tous mes cadeaux. J’avoue que j’étais super contente, car ce roman me faisait vraiment envie, et si je ne l’avais pas eu pendant ce swap, je pense sincèrement que je me le serais acheté très rapidement.

 

Synopsis

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est – ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

 

Mon avis

J’ai toujours pensé qu’en matière de littérature, la perfection n’existait pas. Que même dans un livre que j’adore, il y aurait toujours quelque chose qui me plait un peu moins. Que ce soit une description trop longue, un personnage trop cliché, une mise en page à laquelle je n’adhère pas…. Et même au-delà de ça, je ne pensais pas un jour lire un roman dont je n’avais rien à critiquer, pour la simple et bonne raison que nous avons chacun nos critères de choix, selon notre expérience, nos goûts, notre éducation… Et puis j’ai lu La voleuse de livres. Et j’ai beau chercher, je ne vois aucun défaut à ce roman, rien à critiquer. Bref, je viens de lire ce qui est à ce jour le plus beau livre de ma vie ! Oui oui, carrément !!
Et il faut évidemment que je vous parle de ce chef d’œuvre.

Dans ce roman, nous allons suivre Liesel, une jeune fille orpheline (ou considérée comme telle). Nous sommes en plein dans la Seconde Guerre Mondiale, et Liesel va se retrouver dans une famille d’accueil près de Muniche, en Allemagne. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce livre, je ne vous en dévoilerai pas plus. Je peux simplement vous dire, en imitant l’esprit du livre, qu’il sera question entre autre :
*D’un accordéoniste
*D’un boxeur juif
*D’un garçon aux cheveux jaune citron
*De vols de livres
*De cave
*De mort
*De football
*De morceaux de pain rassi
*De livres
*De mots

La première chose que l’on remarque en ouvrant le livre, c’est sa mise en page. Nous avons des chapitres courts, donc qui se lisent rapidement. De plus, chacun de ces chapitres est affublé d’un titre, toujours très pertinent, annonciateur des événements dont il sera question. Mais la grosse particularité de ce roman vient du fait que la narration est régulièrement entrecoupée par des petits encarts où le narrateur, ou plutôt la narratrice se fend de quelques appartés, des sortes de compléments d’informations pour aider le lecteur à mieux cerner l’histoire, ou à faire la connaissance d’un personnage. Pour ma part, c’est en voyant ce premier apparté que j’ai su que ce livre allait être un coup de cœur.
La narration, parlons-en justement ! Car celle qui nous raconte l’histoire n’est autre que La mort herself. Pourquoi elle ? Tout simplement car c’est elle qui a trouvé le livre de Liesel au milieu de ruines, que le livre l’a touchée (oui, la Mort est émotive) et qu’elle trouvait dommage de ne pas nous faire part de cette magnifique histoire. Or, « quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à écouter ! ».
Pour l’anecdote, à un certain moment j’ai cru qu’il y avait des fautes dans mon édition. En effet, la Mort s’exprime au féminin, donc tout est conjugué au féminin. J’ai d’abord cru à une erreur, avant de réaliser que la seule Mort qui, à ma connaissance est un homme c’est celle du Disque-Monde… Les habitudes ont la vie dure ^^

Enfin, un dernier point à propos du style. Ce livre est classé en tant que roman pour jeunes adultes. Alors, certes le style est simple, très accessible au plus grand nombre, mais sincèrement, je ne vois pas pourquoi préciser roman pour « jeunes » adultes, car pour moi il s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux moins jeunes. En fait, c’est peut-être une illusion, mais j’ai l’impression qu’en France, à partir du moment où le personnage principal à moins de 20 ans, on classe le livre dans la catégorie Young adult. Je trouve ça vraiment dommage, parce que finalement ça cantonne certains livres inutilement. Enfin bref, revenons à notre voleuse de livres. Car vous parler du style c’est bien, mais il faut aussi que je vous dise également pourquoi j’ai adoré l’histoire !!

J’ai aimé découvrir cette histoire du point de vue de la Mort. Cette narratrice originale fait fi des conventions de récits ; comme par exemple nous annoncer par avance ce qui va se passer. Forcément, elle a tout vu, alors elle sait ! Mais comme elle le dit elle-même, « l’important n’est pas le résultat, mais comment c’est arrivé ». Et puis la Mort, ben elle peut faire preuve d’humilité, de tristesse, mais aussi de beaucoup d’humour. La Mort a un cœur, c’est une émotive !

Les personnages présents dans ce livre sont d’une précision, d’une réalité absolument fantastique. Que ce soit les personnages principaux ou les secondaires, aucun n’est mal exploité. Même celui qui n’apparaît qu’une fois trouve sa place dans le récit, et je n’en ai repéré aucun qui ne serve à rien.
L’autre force de ces personnages vient du fait qu’aucun n’est considéré comme un saint, ni comme le diable personnifié. Si l’on comprend bien que Liesel n’a pas une vie facile, pour autant on peut la voir faire des bêtises, surtout avec son ami Rudy, se fâcher avec sa mère d’adoption,  bref être une enfant comme les autres. A propos de Rudy, j’ai été étonnée de son importance dans cette histoire, car dans mon souvenir du film, il n’en avait pas autant. Et force est de conster que ce jeune garçon est bien attachant. Avec ses lubies, ses rêves, ses répliques parfois pas piquées des hannetons… J’avoue avoir rarement rencontré un personnage secondaire aussi bien travaillé… Quoique, les parents adoptifs de Liesel soient eux-même parfaitement décrits. J’ai adoré ce couple aussi bien victimes de la Guerre qui les dépasse, qu’acteurs d’une résistance à leur façon. Ce couple représente parfaitement la difficulté que pouvait représenter cette envie de vouloir se rebeller contre le régime Nazi, mais surtout de faire bonne figure face aux autres habitants dont on ne sait pas vraiment vers où se dirigent leurs véritables pensées. Sincèrement, comment ne pas s’attacher à un homme comme Hans, le père adoptif ? Un homme plein de simplicité, d’humilité, et avec un cœur aussi gros…

Enfin, il y a le contexte de l’histoire : La Seconde Guerre Mondiale en pleine Allemagne Nazi. On découvre le quotidien de ces gens qui pour la plupart subissent plus qu’ils ne sont acteurs. On découvre ces habitants dépassés par ces décisions prises par les autorités, comme par exemple envoyer des juifs vers un camp de travail forcé, ou encore assister à un autodafé. On assiste à ces nuits où ils doivent se réfugier dans les caves en vue d’éventuels bombardements. En somme, on assiste à cette Guerre subie par un peuple victime d’un homme fou.

Si je parle de victime, il ne s’agit en aucun cas de la part de l’auteur de faire de la victimisation gratuite et inutile. Comme je l’ai dit, dans cette histoire il n’y a pas de saint, pas de bourreau, et surtout il n’y a pas de pathos mièvre. Il y a des scènes tristes, émouvantes, des scènes qui vous tirent les larmes, mais ça, c’est juste parce qu’elle sont terriblement réalistes.

Des choses à dire pour vous convaincre de lire ce roman, je pourrais vous en donner encore plein ! Mais je vais m’arrêter là, et terminer cet article en vous invitant très, très fortement à vous diriger vers votre librairie préférée, votre bibliothèque, votre pal, en vous le faisant offrir, en l’empruntant à votre collègue ou votre concierge… afin de vous procurer ce livre et le lire. Parce qu’à mon sens, ce roman fait parti de ceux qui doivent être absolument lus une fois dans sa vie.

 

 Côté challenge 

Un long dimanche de fiançailles. Sebastien Japrisot

En 2015, j’écris mes chroniques au fur et à mesure de mes lectures.
En 2015, j’écris mes chroniques quand j’en ai envie. Même 6 mois après avoir lu le livre.

Et donc, en septembre dernier (ou août, je sais plus) j’ai lu Un long dimanche de fiançailles, de Sébastien Japrisot. Parce que j’aime beaucoup le film et que je ne connaissais pas le style de cet auteur.

 

 

Synopsis

Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Cinq soldats qu’on a jetés dans la neige de Picardie, un soir de janvier 1917, devant la tranchée ennemie, pour qu’on les tue. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n’avait pas vingt ans. À l’autre bout de la France, la paix venue, Mathilde veut savoir la vérité sur cette ignominie. Elle a vingt ans elle aussi, elle est plus désarmée que quiconque, mais elle aimait le Bleuet d’un amour à l’épreuve de tout, elle va se battre pour le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l’a perdu. Tout au long de ce qu’on appellera plus tard les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu’au bout de l’espoir insensé qui la porte.

 

Mon avis

La première chose que je me suis dite en refermant le livre,c’est que serais bien incapable de dire lequel du livre ou du film a ma préférence. Car d’un côté le film paraît presque gentillet par rapport au livre, tant l’intrigue ainsi que les descriptions et les rebondissements y attenant sont prenants. Mais il y a dans le film une émotion que je n’ai pas ressentie lors de ma lecture. Non pas que le roman m’ait laissée indifférente, loins de là. C’est juste que mon ressenti est assez différent.

Dans ce roman, nous suivons donc le parcours de Mathilde pour retrouver et sauver son Manech. Et ce, grâce aux nombreuses lettres envoyées et reçues. J’ai vraiment trouvé intéressant de suivre une partie de l’intrigue à travers ces lettres. A chaque instant on ressent la passion, le désarroi, l’urgence de l’expéditeur. Mais c’est surtout des bribes de la Grande Guerre qui surgissent sous nos yeux, avec ses horreurs bien sûr, mais surtout ses folies et ses absurdités. Mathilde a un côté attachant, et l’on a envie pour elle que son enquête aboutisse. On se prend à espérer qu’elle retrouvera Manech, car il faut bien l’avouer, nous aussi en tant que lecteur, on souhaite savoir ce qu’il est advenu du jeune homme.
Le roman recèle plusieurs différences avec le film, et notamment en ce qui concerne le dénouement, et j’avoue que cela n’a pas été pour me déplaire. Et d’ailleurs, j’ai trouvé les deux fins aussi intéressantes l’une que l’autre, cependant j’ai trouvé l’histoire mieux ficelée et surtout plus aboutie dans le roman que dans le film.

Un long dimanche de fiançailles est une très belle histoire, pleine de passion et d’émotion. Malgré tout, je ne peux la qualifier d’excellente lecture, car hélas le style Japrisot ne m’a pas enchantée. En effet, l’auteur est amateur de longues phrases, surtout descriptives. Et si les descriptions ne me gênent pas, je ne suis en revanche pas une férue de ces phrases à rallonge dont tu ne te souviens plus le début quand tu arrives à la fin. Et pour le coup, je trouve que par moment l’histoire perd en simplicité, que l’impact des rebondissements se fait moins mordant. D’un point de vue purement sentimental, le film m’a plus bouleversée que le roman, puisque j’ai vraiment eu l’impression de ressentir les états d’âme des personnages.

En conclusion, un long dimanche de fiançailles fut une lecture fort intéressante. J’en retiens une intrigue bien menée sur fond de Grande Guerre et de ses grandes absurdités. Et je vous invite à découvrir le roman et, ou le film.

 

Côté challenge

 

 

Au revoir là-haut. Pierre Lemaitre

Avant que son roman Au revoir là-haut ne rencontre un succès fulgurant, dû à son prix Goncourt, je n’avais jamais entendu parler de Pierre Lemaitre.
Moi, les prix littéraires ça me passe au-dessus de la tête. Ou plus exactement, sans jouer les rebelles du genre « je boycotte automatiquement tout livre ayant reçu un grand prix », ce n’est pas forcément ce qui va plus m’inciter à lire un roman. Oui mais, qu’on le veuille ou non, bah le propre d’un prix littéraire c’est d’être mis en avant. Et donc, qu’on le veuille ou non, le roman qui a eu un prix, on en entend plus parler que les autres, et on finit soi-même par s’y intéresser de plus près.
C’est ce qui s’est passé avec Au revoir là-haut. Au début, je n’y ai pas prêté une attention particulière, et puis après avoir lu les critiques des internautes, et vu ou entendu quelques émissions en présence de l’auteur, je me suis dit que le sujet pouvait grandement m’intéresser. Ainsi, il avait rejoint ma wishlist, et ainsi un jour j’ai décidé de l’acheter puis de le lire.

Bref, en octobre j’ai lu « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre.

Synopsis

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d’eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l’exclusion. Refusant de céder à l’amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d’une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence. Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l’histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l’État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.

Mon avis

J’ai adoré ! De la première à la dernière page, je me suis laissée emportée par cette histoire.

L’histoire débute en novembre 1918 sur le front de guerre. Voilà que l’Armistice est proche, les rumeurs de la fin de la Guerre se font de plus en plus pressantes. Oui mais, la Guerre n’est pas encore terminée, et jusqu’au bout elle aura fait son lot de victimes, de morts, de blessés. Tels que Albert Maillard et Edouard Péricourt, deux rescapés de cette Sale Guerre. Or, s’ils en sont ressortis vivants, cette Guerre aura laissé sur eux des traces indélébiles, physiques bien sûr, mais surtout morales, l’un étant bien souvent lié à l’autre.

S’il est question de la Première Guerre Mondiale dans ce roman, c’est essentiellement de l’après qui sera traîté dans ces pages. Un après qui s’avère des plus cruels pour ces hommes comme Albert ou Edouard, qui se sont battus pour leur patrie, et qui du jour au lendemain se trouvent rejetés, ignorés. Des hommes dont on oublie jusqu’à l’existence. Alors on comprend pourquoi ces hommes (et je ne parle pas forcément que d’Albert ou Edouard) finissent par s’autodétruire, pourquoi l’image qu’ils ont d’eux même et de la société finit par s’étioler, pour n’en garder que le pire. Et l’on devine en quoi le fait de vouloir rester vivant, retrouver goût aux choses de la vie fut un effort de chaque instant pour eux.
C’est donc un portrait sans consession de l’après-guerre que nous dresse Pierre Lemaitre dans ce roman.

Mais Au revoir là-haut, ce n’est pas seulement un roman historique. C’est aussi un sacré thriller, avec une sacrée intrigue. Car en effet, Edouard et Albert vont monter l’une des plus grosses arnaques du siècle. Un coup monté où l’amoralité rivalise avec l’ingéniosité.
Et si au début, cette arnaque m’a fait « sourire », si je me suis dit que « ouah, c’est trop fort ! Mais non ils vont pas oser ? Ah ben si ils osent », et que inconsciemment j’avais envie de les encourager dans leur vengeance (car c’est bien de cela qu’il s’agit), très rapidement, je suis devenue sceptique. Le fait d’être une victime de la guerre leur donne-t-il tous les droits, et surtout celui de se venger impunément ? Voilà en quelque sorte une des questions que nous pose ce roman. Parce que oui, si d’un côté je comprends leur désir de vengence envers cette patrie qui les a délaissé, il me semble difficile d’approuver le fait qu’ils veuillent le faire payer à la France entière.
Malgré tout, je me suis laissée prendre par l’intrigue, par la mise en place de cette arnaque et jusqu’au bout je me suis demandés s’ils allaient réussir et comment tout cela allait se terminer.

Si ce roman m’a autant plu, la plume de Pierre Lemaitre n’y est pas étrangère. Lorsqu’il décrit une scène sur le front, on s’imagine dans ce trou d’obus, et on sentirait presque l’odeur de la terre qui nous ensevelit. Quand il nous raconte cette souffrance qui consume Edouard suite aux ravages faits sur son visage, on imagine la douleur physique, mais aussi morale d’être devenu une « gueule cassée ». A proprement parler, le style de Pierre Lemaitre n’est pas ce que je qualifierais d’exceptionnel, dans le sens où le vocabulaire reste simple, qu’il n’y a pas de lyrisme ou qu’il n’est pas spécialement poétique. Mais les mots sont justes, les phrases percutantes, suffisamment pour nous ancrer de plein pied dans cette histoire. Et c’est ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman.

En conclusion, Au revoir là-haut est un roman à lire pour l’Histoire aussi bien que pour l’histoire.