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Belle famille. Arthur Dreyfus

Quand j’ai vu ce livre proposé en partenariat sur Livraddict, j’ai tout de suite été intriguée par le résumé. Du coup je n’ai pas hésité et ai immédiatement postulé pour le recevoir. Donc, merci beaucoup à Livraddict et aux éditions Folio de m’avoir donné l’opportunité de découvrir ce livre.

 

 

Synopsis

Madec se dirigea vers la cuisine pour chercher un couteau à pointe fine. Comme s’il était surveillé, il s’interdit la lumière. L’obscurité ne faisait pas disparaître les formes, mais les couleurs. Est-ce ainsi que voyaient les gens dans les vieux films ? L’enfant ouvrit le tiroir à ustensiles. Ensuite, un peu de bruit, et beaucoup de silence.

 

 

Mon avis

Etrange est le premier mot qui me vient à l’esprit pour définir ce livre. Pas tant dans sa forme que dans son fond.

Dans un premier temps, on nous présente la famille Macand. Bonne famille, ayant un revenu confortable, pleine de principes moraux, principes que le père a tendance à oublier dans un verre d’alcool. Il y a trois enfants, deux ans d’écart entre chaque. Bref, la famille catho bourgeoise dans son plus grand stéréotype. Parmi les trois frères, il y a Madec, qui s’avère bien différent des autres. Plus solitaire que ses frères, il n’aime pas les mêmes choses, ne veut pas jouer aux mêmes jeux, voir ne veut pas jouer du tout. Un enfant « différent » pourrait-on entendre dire avec déférence chez un psy.
Donc, dans le premier tiers du roman, on apprend à connaître Madec, ou plutôt on l’observe. C’est sympa, sauf que aussi étrange qu’il soit, bah au bout d’un moment je commençais un peu à trouver le temps long, à attendre autre chose que de suivre les pensées et péripéties de ce gamin.

Et c’est là que, suite à un accident tout bascule. Non seulement la vie de la famille Macand, mais aussi le roman en lui-même, car on passe d’une histoire presque banale et finalement sans vraiment de but précis à une enquête autour d’un enlèvement d’enfant où tout à coup les personnages qui semblaient tout juste amorphes deviennent vivants.

 

Et si finalement je n’ai pas grand-chose à dire sur la première partie du roman, en revanche pour la deuxième, il y a matière à dire et à réfléchir.

L’histoire tourne autour de la disparition de Madec alors que la famille était en vacances en Toscane (comment, je ne vous en dis pas plus, pour éviter de spoiler). Il est bien sûr question de l’enquête en elle-même, mais aussi et surtout de ce qui l’entoure. Ainsi voit-on les médias mettre le nez dedans, essayer de récupérer l’affaire, on voit (très vite) les politiques s’en servir, on voit les parents dépassés par tout ça, se demander si ça vaut le coup de médiatiser l’affaire « oui, mais si ça peut aider à retrouver Madec, pourquoi pas », on les voit perdre le contrôle d’une situation finalement trop compliquée pour eux à gérer.

Et tout ça, et bien ça a un côté étrange et dérangeant. Parce que bien sûr il y a cette histoire de médias, de mécènes qui, pour donner une image positive d’eux-même, vont verser dans le caricatif, faire des dons, etc. Parce que cette affaire va être portée à la connaissance du monde entier (même le Pape s’en mêle) dans un but d’élan de solidarité qui finalement ne prendra pas. Vous savez, un peu comme ces chaines de mail ou facebook où l’on essaie d’émouvoir son prochain à propos d’une cause quelconque, mais qui finit par lasser à force de la voir partout.
Mais ce qui m’a quelque part mis mal à l’aise, c’est la position que l’on peut avoir en tant que lecteur. En effet, au bout d’un moment je me suis surprise à réaliser que je m’intéressais plus à savoir jusqu’où allait progresser cette espèce de médiatisation et de mise en avant de la disparition qu’à l’enquête en elle-même. Comme si retrouver Madec était secondaire. Alors certes, le livres est écrit et construit dans cette optique, et ce n’est pas la première fois que je suis confrontée à ce genre de point de vue. Sauf que là, pour la première fois j’ai trouvé qu’il y avait un côté très dérangeant.

 

Et au final, c’est  bien ou pas ?
Bah oui, au final j’ai aimé. L’écriture est fluide, ça se lit bien. Le sujet est traité selon un point de vue fort intéressant, il y a malgré tout de la réflexion.

Et puis il y a cette toute dernière phrase avant l’épilogue que j’ai trouvée juste horrible et qui m’a laissée sans voix.

Encore une fois, merci à Livraddict et Folio pour cette bonne découverte littéraire.

L’article qui va les gouverner tous.

Le Seigneur des anneaux et moi, c’est une grande histoire d’amour. Depuis la sortie de la trilogie au cinéma. Sur ce coup-là, je ne suis pas très originale, je sais. Et donc, après m’être émerveillée devant les images absolument sublimes, et avoir frissonné à la découverte des péripéties de Frodon et ses amis, j’ai lu le bouquin. C’était il y a cinq ans environ.
Et puis Melymelo a eu l’idée de proposer une lecture commune de l’œuvre, ou plutôt trois lectures communes : La communauté de l’anneau, Les deux tours et Le retour du Roi.

Aujourd’hui, nous allons parler de la communauté de l’anneau.

 

 

Synopsis

Dans les vertes prairies de la Comté, les Hobbits, ou Semi-hommes, vivaient en paix…
jusqu’au jour fatal où l’un d’entre eux, au cours de ses voyages, entra en possession de l’Anneau Unique aux immenses pouvoirs. Pour le reconquérir, Sauron, le seigneur ténébreux, va déchaîner toutes les forces du Mal… Frodon, le Porteur de l’Anneau, Gandalf, le magicien, et leurs intrépides compagnons réussiront-ils à écarter la menace qui pèse sur la Terre du Milieu?

 

 

Mon avis

Avant de vous donner mon ressenti sur cette œuvre, je vous fais part d’un message de la part de mon dos et mon épaule. En effet, ceux-ci sont ravis que j’aie terminé ce livre. Car voyez-vous, en matière de lecture j’ai, comme tout le monde, des manies, or l’une d’elle consiste à ne jamais lire deux livres en même temps. Et moi, j’ai la version intégrale du Seigneur des anneaux, le gros pavé de 1300 pages. 1300 pages, c’est lourd dans le sac. On comprendra donc pourquoi le dos soit ravi de ne plus porter cette charge…. (si vous pouviez éviter de lui dire que d’ici un mois ou deux ça sera la même… ^^)

Après ces élucubrations, fort inutiles au demeurant, rentrons dans le vif du sujet.

 

Quelle joie pour moi de retourner en Terre du Milieu !! Non pas que je lirai ce livre tous ans (j’en connais qui le font), mais disons que c’est la troisième fois que je le lis, et j’y prends toujours autant de plaisir.

Dans ce premier volume de la trilogie, nous faisons surtout connaissance avec l’univers créé par Tolkien. Nous découvrons les vertes collines de la Conté, nous traversons les forêts et les montagnes, nous rencontrons des elfes, des nains et des hobbits. Et nous rencontrons même des hommes ! Ouais. Et une chose est sûre, Tolkien prend bien son temps pour nous présenter tout ce petit monde.
Les descriptions sont nombreuses, il s’attarde en chaque lieu qu’il nous présente avec force détails. Et là où certains auteurs m’auraient ennuyé avec des descriptions deux fois moins foisonnantes, Tolkien réussit à m’émerveiller. Car quand il parle de la Conté, il ne se contente pas d’en faire une représentation physique et géographique, il la fait vivre sous les yeux de la lectrice que je suis. Hobbitbourg, tout imaginaire qu’il soit, devient vivant, a une histoire, et finalement on a envie de se persuader que oui, Cul-de-Sac existe. Lorsque l’on traverse la Moria en compagnie de la communauté, on ressent le danger latent, on guette les gobelins… et on imagine tout ce que les nains ont pu réaliser en ces lieux.
Alors certes, il aurait très bien pu passer outre certains détails, il aurait pu alléger la partie présentation de la Terre du Milieu pour arriver plus rapidement à l’action à proprement parler. Il aurait pu, mais il ne l’a pas fait, et personnellement je lui en suis reconnaissante. Car non seulement ces descriptions sont fort bien écrites, mais moi, même si ce n’est pas forcément ce que je préfère dans un roman (comme beaucoup j’aime quand il y a de l’action, quand il se passe quelque chose), et bien je trouve fort agréable de pouvoir de temps à autre se perdre dans pages de descriptions, de contempation, sans qu’il ne se passe rien de vraiment extraordinaire. Juste comme ça, pour pouvoir s’émerveiller. Et c’est ce qu’il se passe dans les premières pages de ce roman, mais aussi lorsque Frodon et ses accolytes se trouvent à Fondcombe. Moi, je voudrais être une elfe, rien que pour vivre à Fondcombe !

 

Mais bien sûr, La communauté de l’anneau ce n’est pas seulement une visite touristique de la Terre du Milieu. Dans ce premier tome, il y a de l’action, il y a un méchant, et donc il y a des dangers. Parce que bon, dans l’histoire il y a quand même un anneau en jeu, et le Père Sauron il est bien décidé à récupérer son bien. Et Sauron, bah il n’aime pas être contrarié.
Au fur et à mesure du récit, on découvre en même temps que Frodon l’impact que peut avoir l’anneau sur autrui, son pouvoir d’attirance et son aspect maléfique. Même s’il n’en est pas fait mention à chaque page, on perçoit constamment sa présence, on sait qu’il est là et qu’il attend son heure (comme dirait Gandalf). L’un de mes passages préférés de l’œuvre est sans conteste leur passage dans La Moria. Non seulement car c’est là qu’ils vont rencontrer leur premier véritable danger, mais également car c’est un moment clé de l’histoire. Cet instant où l’on sent que tout peut basculer dans le bien ou dans le mal.

En plus de nous présenter une Terre du Milieu absolument sublime, Tolkien nous décrit des personnages plus vrais que nature. J’aime beaucoup la façon dont il arrive à donner une histoire propre à chaque être tout en l’intégrant à l’histoire en général. Il ne s’agit pas seulement de personnages présents pour le livre, mais bien de personnes ayant un passé, et pour qui l’on espère un futur. Enfin, pas pour tout, faut pas déconner quand même !

Quant à la plume de Tolkien, bah j’adore tout simplement. Il est vrai que son écriture peut paraître un peu pompeuse, en tout cas je connais des gens qui le pensent (et c’est leur droit). Moi, je trouve qu’elle correspond parfaitement avec l’univers du Seigneur des anneaux. Et puis les interludes poétiques, je trouve ça juste magique… La chanson de Beren et Luthien m’émeut à chaque fois.

 

Donc, ce premier volet du Seigneur des anneaux est juste magnifique, j’aime, pardon j’adore et puis c’est tout ! Ah non, c’est pas tout. J’ai trop trop hâte de lire la suite 🙂

 

Rendez-vous donc vers le 31 mars avec Les deux tours, où je vous parlerai plus longuement du Mordor et du côté sombre de l’œuvre.

A tombeau ouvert, William Styron

Les partenariats ont ça de bien, qu’ils permettent de découvrir des lectures qui, de prime abord, ne sont pas forcément dans nos habitudes. Et de prime abord, « A tombeau ouvert » n’est pas le livre vers lequel je me serais arrêtée si je l’avais vu dans une librairie. En fait, je l’ai choisi un peu au hasard parmis les autres proposés en me disant qu’après tout, pourquoi pas.

Avant de commencer mon avis sur ce livre, je remercie bien sûr Livraddict pour la mise en place de ce partenariat, mais également un très grand merci à Gallimard qui, suite à un premier envoi qui n’est jamais arrivé jusqu’à ma boîte aux lettres (certainement dû à la méchante reine qui a fait disparaître le livre par magie), a proposé de m’en envoyer un autre exemplaire.

 

 

 

Synopsis

Cinq nouvelles de Styron publiées de façon posthume, écrites à des dates très différentes et qui, pourtant, forment un tout cohérent tant elles sont inspirées par la vie et les préoccupations centrales de l’auteur.

 

 

Mon avis

A travers ces cinq nouvelles, Styron nous embarque dans l’univers des Marines. Vous savez ? Ces soldats américains sans peur et sans reproche et dont la devise est « semper fidelis ». Sauf que là, l’auteur nous démontre que le soldat est un homme, qu’il peut avoir peur et qu’il se demande s’il fait bien de rester fidèle.

Ces histoires, situées entre la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre de Corée, ne nous parlent pas de la guerre en tant que telle, mais plus exactement de l’avant et de l’après. L’auteur y évoque comment et pourquoi un homme peut s’engager chez les Marines sans raison apparente ; il y parle également des retours de Guerre, de ces soldats qui se demandent pourquoi ils ont pu rentrer chez eux, alors que leurs camarades sont morts au front.

 

William Styron ayant lui-même été Marine, ces nouvelles ont donc une portée autobiographique. Les histoires qui y sont racontées relèvent de l’expérience de l’auteur, et ne sont pas que pure imagination. A ce titre, je m’attendais donc à lire quelque chose d’humainement poignant, de fort émotionnellement. Et bien pas du tout. Excepté Mariott le Marine (qui est la nouvelle que j’ai préféré), j’ai trouvé que les nouvelles manquaient d’émotion, qu’il y avait un je-ne-sais-quoi de mécanique dans le récit. Un peu comme ci le fait de raconter son histoire était pour l’auteur une sorte d’expiation, mais qu’il voulait malgré tout garder une certaines distance afin de ne plus se sentir concerné. Ou bien pour ne pas être rattrapé par ses sentiments.

A tombeau ouvert est un recueil empreint de beaucoup de mélancolie et d’une certaine nostalgie aussi. L’ambiance décrite y est plus souvent pessimiste qu’optimiste.
Cependant, aussi mélancolique que soit la plume de l’auteur, et malgré le côté manque d’émotion, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. J’ai trouvé intéressant de découvrir des soldats qui doutent, qui d’un seul coup ont peur de mourir en plein champs de bataille, qui se maudissent d’avoir eu plus de chance que leurs camarades qui ne rentreront jamais chez eux. Et dans un sens, peut-être que justement, c’est ce manque de sentiment qui fait la force de livre, qui lui donne tout son intérêt.

En conclusion, le hasard fait parfois bien les choses et je suis heureuse que mon choix de lire se soit porté sur celui-ci. Une très bonne découverte pour moi.

L’article qui t’emmène à Mégara, faubourg de Carthage

De Flaubert, je n’ai que de vagues souvenirs datant du collège, époque ou j’ai du lire Madame Bovary pour les besoins d’un cours de Français… Roman dont j’ai finalement peu de souvenirs, mis à part qu’il y avait des descriptions. Il faut dire aussi qu’à cette période, je n’étais pas vraiment portée sur la lecture de romans, préférant la lecture de Ok ! et Salut ! (surtout si y avait les New Kids on the block dedans).
Et puis, par la suite, j’ai pris goût aux romans (et beaucoup moins à salut !). Mais Flaubert restait un auteur qui ne me tentait pas plus que ça. Je ne m’étais donc jamais intéressée à Salammbô, dont je connaissait la célèbre première phrase.

Et puis Paikanne a eu la bonne idée de proposer ce roman en lecture commune sur Livraddict. Non, la vraiment, je ne pouvais pas résister ! Fallait que je lise ce roman pour découvrir qui se cachait derrière cette Salammbo, et savoir ce qui se déroulait de si important à Megara.

Synopsis

Après la première Guerre Punique, Carthage est ruinée et ne peut payer ses mercenaires, qui ne tardent pas à se révolter. Au milieu des désordres, des combats, des massacres, Salammbô, la fille du roi Hamilcar, s’éprend de Mâtho, le chef des rebelles…

Mon avis

De ce roman, je retiens deux choses : Les descriptions très fournies, parfois complexes, mais presques toujours très bénéfiques à la compréhension de l’histoire. Et la violence qui se dégage des scènes de guerre.

Dans un roman, les descriptions qui n’en finissent pas et s’étalent sur des pages et des pages, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. A quelques exceptions près (au hasard, Le Seigneur des anneaux). Et peut-être aussi Salammbô. Car curieusement, ces longues pages où Flaubert nous raconte par le menu la situation historique de Carthage, où il nous narre avec force détails ce combat qui oppose Carthage aux mercenaires guidés par Mathô, ne m’ont pas paru ennuyeuses, bien au contraire. Il est question de guerre, et Flaubert nous la décrit à travers des scènes cruelles, violentes qui prennent encore plus de poids grâce à une écriture que j’ai trouvée très poétique.

Et en plein dans cette tourmente, vient se greffer une histoire idyllique entre deux personnes : Mathô, le chef des mercenaires, et Salammbô, la fille d’Hamilcar, le suffète de Carthage. S’il est vrai que leur relation a quelque chose de très envoûtant, ce n’est toutefois pas ce qui a retenu le plus mon attention à la lecture de ce roman.

Et dans l’ensemble, est-ce que j’ai aimé ou pas ?
Et bien, oui. Mais un petit oui ! Car si j’ai apprécié les descriptions exotiques qui nous plongent dans ce Carthage d’antant, il faut bien admettre que plusieurs fois j’ai eu envie de sauter quelques pages afin de revenir dans l’action même du livre. Mais je retiens aussi les scènes de batailles narrées de façons épiques et très réalistes. Des scènes que l’ont s’imaginerait aisément imprimées sur une pellicule de film. Et c’est pour moi le point fort de ce roman.

En conclusion, j’ai trouvé Salammbô plus intéressant que Madame Bovary, mais pour autant, il ne fera pas parti de mes classiques préférés.

Pour lire les chroniques des autres participants : Paikanne

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