Archives de tags | lecture commune

Beignets de tomates vertes. Fannie Flag

Beignets de tomates vertes est un roman que j’ai reçu lors d’un swap. J’ai honte, mais je ne sais plus ni qui me l’a envoyé, ni pour quel swap c’était. Enfin, en tout cas il est dans ma bibliothèque. Et avec Paikanne on a décidé de proposer une lecture commune pour début août.

 

 

Synopsis

« Un sacrée numéro, Idgie ! La première fois qu’elle a vu Ruth, elle a piqué un fard et elle a filé à l’étage pour se laver et se mettre de la gomina. Par la suite, elles ont ouvert le café et ne se sont plus jamais quittées. Ah ! Les beignets de tomates vertes du Whistle Stop Café … J’en salive encore ! »
Un demi-siècle plus tard, Ninny, quatre-vingt-six ans, raconte à son amie Evelyn l’histoire du Whistle Stop, en Alabama. Il s’en ai passé des choses, dans cette petite bourgade plantée au nord de la voie ferrée ! Et Evelyn, quarante-huit ans, mari indifférent, vie sans relief, écoute, fascinée. Découvre un autre monde. Apprend à s’affirmer, grâce à Ninny, l’adorable vieille dame.
Chronique du Sud profond de 1929 à 1988, ce roman tendre et généreux vous fera rire aux éclats et, au détour d’une page, essuyer une larme. Humour et nostalgie : une recette au parfum subtil …

 

 

Mon avis

Là tout de suite, j’ai envie d’un beignet. Pas vous ? ^^

Il y a des livres comme ça, on se demande pourquoi on ne les a pas lus plus tôt. Celui-ci en fait partie. Parce que j’ai adoré. J’ai tellement aimé qu’à la fin, j’étais un peu triste de devoir fermer le livre.

L’histoire nous emmène en Alabama, dans un café situé tout près des voies de chemin de fer. Nous sommes dans les années 80, et Ninny a bien connu cet endroit. Ainsi, narre-t-elle à Evelyn ce qu’était la vie du Whistle Stop des années 20 aux années 60.

L’une des premières choses qui surprend en lisant ce roman, c’est le fait que la narration ne suive pas une chronologie linéaire. Outre les retours entre l’époque contemporaine et l’époque des faits racontés par Ninny, ces derniers, justement, ne sont pas forcément chronologiques. Apparemment, certains lecteurs ont eu du mal à s’y retrouver, pour ma part pas du tout ! Le fait de faire des aller-retour au sein même du passé ne m’a pas dérangée. En fait, j’ai même trouvé ça très sympa, et quelque part je crois que ça rend l’histoire encore plus forte. Après tout, est-ce que tous nos souvenirs sont classés dans un ordre temporel dans notre cerveau, hein ? Là, la vieille dame nous livre son histoire en fonction de ses souvenirs, d’un détail qui lui évoque une histoire… et tout ça rend son récit très vivant.

L’histoire en elle-même est très belle. Pas toujours joyeuse, non, mais une histoire que l’on a envie d’écouter, car elle y mêle le côté familial et intime de ce café à la grande histoire des Etats-Unis.
La famille va traverser des moments de joie et de douleur avec des naissances, des accidents, des trahisons… comme toute famille. Mais c’est aussi une plus grande histoire qui se joue, avec l’arrivée du Ku Klux Klan, les inégalités raciales, le crash boursier… N’oublions pas que nous sommes en Alabama, un Etat qui a une histoire particulière envers la lutte contre la ségrégation raciale (Rosa Parks, ça vous parle ?). Dans ce roman, il est aussi question d’homosexualité. L’histoire nous annonce clairement les faits, et pourtant il y a autour de ce sujet un non-dit qui va persister du début à la fin du roman. Ce qui m’a surtout gênée, c’est que personne dans la communauté ne semble s’en offusquer, or nous savons bien que dans la réalité, que tout n’était pas rose pour les homosexuels. Dommage que l’auteur n’ait pas plus poussé sur ce thème…

Et puis il y a Evelyn, cette quinquagennaire dépressive qui se retrouve malgré elle auditeur privilégié des récits de Ninny. Et c’est qu’au début, elle n’est pas plus ravie que cela d’entendre une vieille lui raconter ses mémoires. Mais voilà, la magie opère, Evelyn va peu à peu s’intéresser à cette dame, mais surtout ouvrir les yeux sur sa propre vie.

J’ai aimé ce roman pour son histoire bien sûr, mais aussi pour les moments d’humour qu’il nous propose. Car, que ce soit Evelyn, Ninny ou bien d’autres, les traits d’humour ne manquent pas. Non pas que l’on soit plié tout au long de la lecture, mais la façon dont c’est raconté apporte une légèreté à l’histoire qui fait du bien. J’ai beaucoup aimé tous les personnages présents dans l’histoire. Chacun a son caractère, sa propre histoire et le tout donne une belle cohésion à l’ensemble, un joli moment de vie dans ce coin d’Alabama.

 

En conclusion, Beignets de tomates vertes est un très beau roman, que je conseille sans hésiter.
Et si vous n’étiez pas encore décidés, alors j’ajouterai qu’en fin de livre, quelques recettes des spécialités du Whistle stop café vous attendent 😉

 

Côté challenge

 

 

Nord et Sud. Elizabeth Gaskell

Dans le baby challenge histoire de Livraddict, figure le roman d’Elizabeth Gaskell, Nord et Sud. Etant donné que je ne connaissais absolument pas cette auteure, que le roman avait une bonne critique et qu’il était justement dans le challenge, il ne m’en fallait pas plus pour m’inscrire à la Lecture commune proposée par Biblimi.

 

 

 

Synopsis

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Eglise et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

 

 

Mon avis

Dire que je n’ai pas aimé ce roman serait faux. Mais voilà, je n’ai pas été emballée outre mesure. Ou plus exactement, devant l’engouement qu’il semble susciter au-près des lecteurs, je suis restée quelque peu sur ma faim.
Dans ce roman, il y a des choses qui m’ont plu.

A commencer par le contexte historique. Nous sommes dans l’Angleterre du XVIIIème siècle, le pays rentre dans la révolution industrielle. Et l’histoire met plutôt bien en exergue cette fracture qui s’opère entre ces ouvriers qui vont vivre de plein fouet cette industrialisation et ceux plus traditionnalistes ou conservateurs, qui ne se sentent pas encore concernés par technologie grandissante. Mais c’est surtout au sein même de ce monde industriel que nous plonge cette histoire. Avec ses mécaniques pas encore vraiment bien huilées, ses ouvriers qui vont oser se lever contre leur patron, les premières grèves… A n’en pas douter, le cadre est plus qu’intéressant.

J’ai apprécié quelques personnages. En premier lieu, je citerai la mère de John Thurnton. Si au début elle m’a semblée effacée, elle s’avère en réalité une femme de caractère, ayant la tête sur les épaules. Bon d’accord, c’est une femme très (trop ?) orgueilleuse, mais n’empêche que sa présence s’avère bien utile pour régler quelques situations.
J’ai fini également par m’attacher à John Thurnton. Malgré ses défauts, son arrogance, sa vision du monde et surtout du travail en tant que patron, pas vraiment portée sur le bien-être de ses ouvriers…. Cet homme est peut-être exécrable, mais il ne reste pas figé et on sent qu’il essaie de se remettre en question, même si c’est difficile et qu’il voudrait régulièrement rappeler que « C’est moi le PATRON » (toute ressemblance avec une pub n’est que pure coïncidence. Ou pas). C’est un personnage qui a une évolution, et dans un roman c’est une chose que j’aime particulièrement. Que cette évolution soit positive ou négative.

 

Et il y a ce que je n’ai pas aimé, ou moins aimé.

Je n’ai pas accroché au personnage de Margaret. Je l’ai trouvée trop horipilante et imbue d’elle-même. J’ai eu le sentiment que contrairement à John elle refusait de se remettre en question. Margaret a au moins l’avantage d’avoir du caractère. Contrairement à sa mère que j’ai eu envie de secouer à maintes reprises. Car non, sa santé ne justifiait pas à mon sens un manque d’énergie aussi frappant !!
Je n’ai pas été totalement séduite par l’écriture. J’ai surtout été horripilée par ces dialogues qui font commencer toutes les phrases de Margaret par des « Oh ! » à s’en fendre l’âme. Je sais, c’est peut-être stupide, mais ça m’a énervé et surtout donné envie de la gifler pour l’empêcher de geindre ^^.
Et pour finir, j’ai trouvé cette histoire tout bonnement trop longue. Les scènes traînent en longueur, certaines descriptions m’ont paru quelque peu inutiles et ennuyeuses. Bref, le style Elizabeth Gaskell n’est pas ma tasse de thé. J’ai vu qu’il était souvent comparé à Jane Austen. C’est certes la même époque, mais personnellement je trouve le style de jane Austen beaucoup plus fin et moins engoncé que celui d’Elizabeth Gaskell.

En conclusion, Nord et Sud est un roman au cadre historique intéressant mais qui m’a un peu déçu par son style.

Les rois maudits, Tome 1. Maurice Druon

La saga des rois maudits me faisait de l’œil depuis un bout de temps. Depuis longtemps, je suis une férue des romans historiques, quels que soient l’époque qu’ils traitent. Et puis j’en ai entendu du bien de cette saga ! Bref, il fallait que je la lise.
Aujourd’hui, je vous présente donc le premier des 7 tomes qui composent l’œuvre complète : Le Roi de fer.

 

 

Synopsis

Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d’une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s’incliner, plier ou rompre devant l’autorité royale. Mais l’idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d’Etat dominait toutes les autres.
Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.

 

 

Mon avis

Ce premier tome m’a enchanté et m’a surtout donné envie de poursuivre ma lecture de cette saga.

L’histoire débute à la septième année du procès des templiers, intenté par le Roi de France Philippe le Bel. De cette fin des templiers, on retiendra deux choses : Les méthodes de tortures utilisées pour faire avouer n’importe que crime (méthodes très à la mode à cette époque en Europe), et la Malédiction jettée par le templier Jacques de Molay contre le Roi et le Pape au moment de brûler sur le bûcher.
« Pape Clément… Chevalier Guillaume… Roi Philippe… Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races! »
Une malédiction qui portera jusqu’à treize générations. Il déconnait pas Jacques !!

Ensuite, c’est donc la France de l’époque qui nous est narrée, avec ses intrigues de cour, ses querelles, ses duperies, ses jalousies… Et au cœur de l’intrigue, trois femmes ! Les trois brus du roi Philippe. En effet, celles-ci sont accusées d’adultère. Et ça, ce n’est pas pour plaire au roi…
Dans cette histoire, les personnages sont nombreux, certains portant le même prénom, il n’est donc pas forcément évident de s’y retrouver. Il est aussi aisé de s’y perdre dans les liens de parentés, car beaucoup sont le frère du cousin du gendre de la sœur de la belle-fille… bref vous voyez le topo !

 

J’ai vraiment aimé cette lecture, car elle reste très fidèle à l’Histoire de France, avec certes quelques petites modifications, embellissements ou omissions, mais cela n’empêche que ce roman nous en apprend énormément sur cette époque.
Mais j’ai surtout accroché car cette histoire et diablement bien racontée !! Le récit est tantôt limpide, tantôt cruel, selon la situation décrite. Maurice Druon rend les personnages très vivants en appuyant bien sur leurs caractéristiques mentales et physiques, et de ce fait nous livre une histoire passionnante et passionnée. On découvre un Philippe IV dirigeant la France d’une main de fer, un Robert d’Artois plein de détermination et notamment contre sa tante Mahault d’Artois, une Isabelle de France malheureuse au-près de son mari Edouard, roi d’Angleterre, mais dont le caractère est bien proche de celui de son père Philippe IV… Chacun à sa manière, de manière intentionnelle ou non, va façonner l’Histoire grâce à ses actions et ses choix. Pour le pire ou le meilleur.
Les rois maudits n’est pas simplement une saga qui raconte des faits historiques, c’est une fresque qui nous fait revivre cette histoire. Et pour ma part, j’ai hâte de connaître la suite…

S’agissant d’une lecture commune, vous pouvez lire les avis des autres participants ici

 

Côté challenge

 

Geisha. Arthur Golden

Voilà plusieurs mois, voir années, que Geisha traînait dans ma bibliothèque. A chaque fois, je repoussais sa lecture, sous prétexte que j’avais un autre livre qui me tentait plus à l’instant T où je faisais mon choix de lecture. Ouais, y a des livres comme ça, j’ai très envie de les lire, mais qui se trouvent touchés par la malédictiont du « pas cette fois, mais promiiiiiiis ma prochaine lecture ce sera lui ! ». Vous aussi vous avez ça ?
Et donc, quand au début de l’année j’ai vu que ce roman était dans la liste du Mini Challenge Historique, je me suis dit qu’il était vraiment temps de la sortir de ma bibliothèque. Aussi, ai-je eu envie de proposer une lecture commune sur Livraddict

 

 

Synopsis

À neuf ans, dans le Japon d’avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto.
Dotée d’extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend vite qu’il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l’amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs.
Elle triomphera des pièges que lui tend la haine d’une rivale. Elle rencontrera finalement l’amour..

 

Mon avis

J’ai eu un gros coup de cœur pour ce livre ! Et ce, dès les premières pages, alors que l’on fait la connaissance de Chiyo, jeune fille de 9 ans, qui deviendra plus tard Sayuri, une geisha de Kyoto. Et pourtant, ce n’était pas acquis d’avance, car à cause de ma cruelle ignorance sur la culture japonaise, j’avais peur de ne pas réussir à rentrer totalement dans ce monde du soleil levant et plus précisément dans l’univers des Geishas.
Il n’en est rien. Dès le début, l’auteur nous immisce dans ce petit village de pêcheurs, avec ses habitants, ses coutumes, ses superstitions. Rapidement, je me suis prise d’affection pour cette héroïne. Et même si je savais bien sûr que j’allais bientôt quitter le village en direction de Kyoto, j’ai trouvé vraiment intéressant cette introduction à la grande histoire qui attendait Chiyo.

Ce livre, dont la narratrice est Sayuri elle-même, nous emmène dans le difficile apprentissage qu’est la vie de Geisha. Au fil des pages, nous découvrons ce qu’est une Geisha, quel est son rôle dans la société japonaise, nous découvrons cet univers particulier qui tourne autour d’une tradition plusieurs fois centenaire. Et pour moi, Européenne qui ne connait rien au Japon, cela a bien sûr un goût d’exotisme. Car ce qui est différent et inconnu a tendance à attirer. Oui mais, à travers ce témoignage, on découvre qu’être Geisha n’est pas si évident que cela. D’une part car il y a cet apprentissage des plus ardus, mais également car la concurrence peut s’avérer très rude, et ce même au sein d’une même Okiya (maison de Geisha). Alors, quand Matsumomo, une Geisha des plus réputées à Kyoto, voit arriver Sayuri, elle comprend vite que cette dernière risque de lui voler la place de leader. Mais également, ce livre tente de mettre en avant le fait que Geisha et prostitution sont deux choses différentes, contrairement à ce qui est ancré dans l’imagination populaire. Et si je dis qu’il tente, c’est tout bonnement parce que malgré tout, il y reste toujours un rien de doute à ce propos. J’en veux pour preuve, L’Okiya dans laquelle Sayuri se retrouve prisonnière, puisqu’elle n’a pas le droit d’en sortir seule, et qui se trouve dirigée par Mère qui semble plus faire office de matrone que de gouvernante ou chef de famille.

Si ce roman s’avère passionnant du fait qu’on découvre la vie d’une Geisha, j’ai trouvé que le contexte historique le rendait encore plus troublant. En effet, l’histoire commence dans les années 30 pour se poursuivre pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le conflit va amener bien des changements dans la société japonaise, et ce même au-près des rangs les plus élevés qui vont avoir d’autre priorités que d’être servis par une Geisha. C’est donc la raison d’être de la Geisha elle-même qui est remise en question. J’ai vraiment été captivée par ces passages durant le conflit, où l’on sent Sayuri et les autres Geisha douter et tenter d’exister, où certaines vont d’ailleurs passer du statut de Geisha à celui de prostituée, d’où cette confusion dans l’esprit des gens… La tradition de la vraie geisha est sur le point de péricliter, et l’on sent que Sayuri en éprouve de la peine.
Au final, c’est donc bien plus que la vie d’une simple Geisha qui nous est dépeint dans ce roman, mais tout un pan d’une société qui tente de faire perdurer une tradition qui fait partie intégrante de l’histoire du Japon. Une histoire que je vous invite bien sûr à découvrir au plus vite.

 

 

Côté challenge