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Des souris et des hommes. John Steinbeck

Des souris et des hommes faisait partie des livres que je voulais absolument lire. Parce que je me souviens avoir vu le film au cinéma, et que celui-ci m’avait beaucoup plu. Or ça tombe bien, ce roman fait partie du Baby-challenge classique de Livraddict. Et puis après mon coup de cœur pour A l’est d’Eden, comment ne pas se laisser tenter par un nouveau roman de John Steinbeck ?

 

 

Synopsis

Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux.
– Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc. Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l’autre main, il lui couvrit la bouche et le nez. – Non, j’vous en prie, supplia-t-il. Oh, j’vous en prie, ne faites pas ça. George se fâcherait. Elle se débattait vigoureusement sous ses mains… – Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j’ai encore fait quelque chose de mal.
Il m’laissera pas soigner les lapins.

 

 

Mon avis

Des souris et des hommes, c’est un petit livre (189 pages), mais c’est un condensé d’émotions. Encore une fois, j’ai eu un coup de cœur pour le style de Steinbeck. Une écriture faite de dialogues au langage familier, mais en même temps emprunte de beaucoup de poésie. Rien qu’avec son style, l’auteur arrive à faire ressentir l’essence du lieu, le caractère des personnages. Il y a, je trouve, une sorte de théâtralisation de l’histoire à travers cette écriture.

Et justement, parlons-en de cette histoire. En somme, elle n’est pas très compliquée : C’est l’histoire d’une amitié entre un homme à la force colossale et à l’intelligence limitée, et un homme plus débrouillard qui va veiller sur le premier. L’histoire de deux hommes qui rêvent à une vie meilleure dans leur Californie natale, et qui vont aller travailler dans un ranch pour essayer d’atteindre ce rêve. Et puis, il y a l’évènement qui va tout chambouler. Cet accident qui va bousculer tous les projets des deux hommes… jusqu’au point de non-retour. La fin du livre est bouleversante… mais finalement pas si inattendue que cela dès lors où l’on a appris à connaître les personnages.

Mais, des Souris et des Hommes, c’est surtout une histoire humaine qui décrit un pan de la société américaine des années 30, et plus particulièrement de la Californie. Un thème cher à Steinbeck, que l’on retrouve également dans « à l’est d’Eden ». A travers Lennie et George, mais aussi des autres personnages, on découvre la vie de ces journaliers – ces travailleurs à la journée – qui passent d’une exploitation à l’autre, à la recherche d’un peu de travail pour survivre. Et l’on prend conscience que si leur misère pécunière est grande, elle l’est souvent moins que leur pauvreté relationnelle. Car ce sont souvent des hommes solitaires, sans familles, sans relations fixes.

Ce roman est certes court, et ne s’encombre pas de descriptions. L’auteur va directement à l’essentiel, en insérant beaucoup de dialogues dans le récit. Et pourtant il réussit à véhiculer des tas d’émotions et de réflexions sur l’âme humaine, sur le rêve, sur l’amitié…
Un roman que je vous conseille très fortement.

 

 

Côté challenge

A l’est d’Eden. John Steinbeck

Il y a quelques années de cela, j’ai vu A l’est d’Eden,  très beau film d’Elia Kazan, avec James Dean dans un des rôles principaux. J’ai aimé le film, il fallait donc que je lise le roman dont il était tiré.

Synopsis

Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam, épris de calme. Charles, son demi-frère, dur et violent, Cathy, la femme d’Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, ses enfants les jumeaux Caleb et Aaron. En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l’auteur nous raconte l’histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.

Mon avis

700 pages de pur bonheur. Voilà ce que je me suis pris avec ce roman. Quoique… bonheur n’est peut-être pas le mot adéquat pour définir cette histoire, car là-dedans, tout n’est pas rose. En fait, le rose est même très rare. Une chose est sûre : j’ai adoré !

Dans ce roman, on va donc suivre les familles Trask et Hamilton à travers plusieurs générations. Mais finalement, c’est surtout la vie d’Adam Trask qui nous est racontée, depuis avant sa naissance jusqu’à la fin et même après. Contrairement au film où l’on ne le voit qu’adulte, j’ai aimé découvrir ce qu’a été son enfance et sa jeunesse, j’ai apprécié en savoir plus sur sa relation avec son frère, ses parents. A n’en pas douter, John Steinbeck nous offre ici une formidable saga familiale, riche en émotion, pleine de surprises (pas forcément très bonnes), où chaque personnage tient un rôle important qui risque de faire basculer le destin de chacun. Chacun voit son portrait brossé par l’auteur de manière très convaincante, que ce soit le portrait physique que l’aspect psychologique du personnage. Mais il faut aussi souligner avec quel brio il met en exergue les relations que peuvent entretenir les personnages entre eux. Que ce soit Adam avec Cathy, Cal avec Abra ou encore Samuel avec Adam, on sent à travers ces relations que l’auteur a voulu faire transparaître toute l’humanité de ces êtres, y compris leurs aspects les plus inhumains. Parmi les thèmes présents dans ce livre, les rapports humains tiennent une part très importante.

Mais ce n’est pas le seul, car John Steinbeck attache également une grande importance sur les lieux. En effet, l’histoire se déroule en Californie, et plus précisément à Salinas, ville où a vécu l’écrivain. Il y évoque ce tiraillement que l’on peut ressentir à vouloir découvrir le monde tout en rechignant à laisser ses racines derrière soi. A travers les générations de Trask et d’Hamilton, c’est aussi l’évolution et la transformation de Salinas qui s’opère sous nos yeux. Un monde rural, rocailleux, dur, qui laisse la place peu à peu à une industrialisation plus moderne, un mode de vie bien différent.

A l’Est d’Eden n’est pas ce qu’on pourrait appeler un roman joyeux. Les évènements qui y sont décrits sont bien souvent très durs. Les personnages sont souvent confrontés à des choix difficiles, où ils devront choisir entre le moins pire d’entre eux. Et pourtant, ce roman n’est pas triste, l’auteur ne nous livre pas une histoire larmoyante, juste une histoire pleine de sobriété, avec ses difficultés, ses aléas… Résultat : Si on ne sort pas de cette histoire avec un grand sourire aux lèvres, on n’en sort pas non plus déprimé.

Enfin, il s’agit d’un roman qui amène pas mal de pistes de réflexion. Sur les relations humaines, comme je l’ai dit plus haut, mais également sur les choix qui nous guident tout au long de notre existence. Car c’est bien cette opposition entre le bien et le mal qui anime chaque personnage de ce roman, et si l’ont perçoit rapidement chez certains de quel côté ils se trouvent, les autres se trouvent en revanche très souvent sur la corde raide, prêts à basculer d’un côté ou de l’autre. L’auteur tient à démontrer ici à quel point il peut être facile de passer d’un côté à l’autre.

Vous l’avez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman, et je ne peux que vous le conseiller. Pour son histoire, sa narration, et pour les thèmes abordés.

Côté challenge

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Dareel
AnGee Ersatz
Frankie
Aurélie91