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Les hauts de hurlevent. Emily Brontë

La première fois que j’ai entendu parler des Hauts de hurlevent, c’était quand j’étais en classe de seconde. On en avait étudié un bout lors d’un cours de français, et l’extrait en question m’ayant bien plu, je m’étais dit qu’un jour faudrait que je lise ce roman. Pourquoi est-ce que ce fameux jour a mis 20 ans à arriver ? Bonne question ! Peut-être parce qu’il y a des tas de livres qu’il faudrait que je lise « un jour » ? ^^
Bref, ce jour est arrivé. J’ai lu Les hauts de hurlevent

 

 

Synopsis

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

 

Mon avis

Et bien j’ai beaucoup aimé ce roman, et je regrette un peu de ne pas l’avoir lu plus tôt.

Les hauts de hurlevent, c’est une histoire de vengeance, de trahison et d’amour déchus. Et de ce côté-là, l’auteure n’y pas pas de main morte pour traiter ces sujets.

Tout d’abord, il y a une ambiance bien particulière : celle de ce domaine balayé par les vents. Grâce aux descriptions bien fournies, on n’a aucune peine à s’imaginer ce paysage anglais bien particulier.
Mais ce qui rend l’atmosphère encore plus spécifique, vient du fait que l’histoire se déroule en huis clos. En effet, tout se déroule à Hurlevent ou à quelques miles de distance, mais à aucun moment on ne s’éloigne et surtout on ne sait pas ce qui se passe à l’extérieur du domaine. De ce fait, cela rend l’histoire quelque peu intemporelle, mais aussi plus forte psychologiquement. Car bien sûr, on comprend rapidement que ce roman n’est en rien une critique de la société anglaise, mais bien plus une analyse psychologique de ses personnages.

S’il est souvent dit que ce roman est considéré comme une des plus belles histoires d’amour, je dirais pour ma part qu’il s’agit surtout d’une histoire de haine. Quoi que, ces deux sentiments peuvent être bien proches parfois… De haine donc, et aussi de vengeance, que Heathcliff a tenace. Mais s’il n’y avait que ce personnage qui broyait du noir ? Mais non ! Ce roman c’est un condensé de noirceur de sentiments, de personnages torturés, qui se mentent les uns aux autres, qui se vouent haine et passion mais pas forcément réciproquement… Bref, une histoire qui n’a rien d’un roman à l’eau de rose où tout se finit bien. Certains scènes ne manquent pas de violence, surtout psychologique, et il n’est pas étonnant qu’à l’époque de sa parution ce roman se soit confronté aux critiques les plus acerbes.
Les personnages sont tellement tourmentés, que j’avoue qu’il m’était difficile de m’attacher à eux, et impossible d’avoir de la compassion pour eux. Même ceux qui étaient plus victimes qu’autre chose. Et c’est justement pour cette raison que j’ai aimé ce roman : parce que l’auteure n’hésite pas à aller jusqu’au bout de la violence psychologique, elle joue à fond sur les sentiments de ses personnages, sans demi mesure, rendant ainsi l’histoire beaucoup plus intense.

A propos de l’écriture, je l’ai trouvée dans l’ensemble très agréable. Cependant, j’admets qu’il y a parfois quelques petites longueurs dont je me serais bien passée. Personnellement, je préfère la plume de sa sœur Charlotte (Jane Eyre) que je trouve plus sensible, notamment dans ses descriptions.

En conclusion, Les hauts de hurlevent est un très bon roman, un ce ces classiques qu’il faut avoir lu, selon moi.

 

 
Côté challenge

Jane Eyre. Charlotte Brontë

Des baby-challenges auxquels je me suis inscrite sur Livraddict, le challenge classique est sans aucun doute celui dans lequel j’avance le mieux. J’ai même bon espoir de tenir mon objectif de lire 15 romans sur les 25 de la liste. Ouais.

Et donc, Jane Eyre fait partie de la sélection. Alors quand Nnyl l’a proposé en lecture commune, je n’ai pas hésité à m’inscrire.

 

 

Synopsis

Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l’Angleterre victorienne et à trouver l’amour… Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succèdent mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles. Comme elle, on veut croire que rien n’est écrit d’avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.

 

 

Mon avis

Jane Eyre, c’est une vraie héroïne de roman ! Une fille à qui il va arriver pleins de trucs pas toujours super cool, mais qui ne va pas se laisser intimider si facilement.
La vie de Jane Eyre commence un peu comme celle de Cendrillon : une orpheline, méprisée par cette famille qui au eu l’immense gratitude de la recuellir chez elle… et de la nourrir ! Car oui, certaines familles de l’Angleterre Victorienne sont comme ça : ils donnent à manger aux personnes qui sont sous leur toît. Alors bien sûr, quand l’occasion d’envoyer cette pauvre hère dans une institution, loin de la demeure, se présente à sa tante, celle-ci ne se fait pas prier pour accepter. Bien sûr, la lectrice que je suis s’est érigée en fervente défenseuse de la jeune fille, face à tant d’injustice et de mépris. Oui, j’ai espéré au plus profond de moi-même qu’un malheur ne s’abatte sur la tête de la tante, mais aussi du cousin John Reed. Genre une mouette diarrhéique qui passerait par là, par exemple. (ouais, quand il s’agit de mauvais sort, je vise haut !).
Donc, Jane Eyre va faire son apprentissage, et en plus elle va le faire bien. A tel point qu’elle va elle-même y enseigner. Avant d’envoyer CV et lettre de motivation pour un poste de gouvernante. Car Jane Eyre a des envie d’ailleurs. Et c’est ainsi que la jeune femme se retrouve au manoir de Thornfied, appartenant à un certain Mr Rochester, afin de parfaire l’éducation d’Adèle Varens.
Or, ce cher Mr Rochester s’avère être un homme bien mystérieux. Brusque, hautain, direct… et souvent parti en voyage. Et comme Jane n’est pas le genre de fille à se laisser intimider, cela ne va pas laisser Mr Rochester indifférent.

Jane Eyre c’est une femme qui certes n’a pas commencé sa vie dans les meilleures conditions qui soient, mais qui jusqu’au bout va se battre, pour se faire respecter en tant que femme, pour trouver sa place dans la société anglaise… Et si en plus elle pouvait trouver l’amour… tout irait bien dans le meilleur des mondes. Ou pas. Parce que n’oublions pas que nous sommes à la fin du 19ème siècle, et que les droits et devoirs des femmes étaient quelque peu restreints. Et Jane entend bien passer outre les mœurs en vigueur. Mais Jane sait aussi se montrer très mièvre par moment. Du genre « mais ouiiii je vous aimmeeeuh, je suis vôôôôtreeuh », avec une intonation que j’imagine mielleuse à souhait. Sauf que bizarrement, moi qui ne suis pas friande de ce genre pas passages où l’héroïne joue les nunuches émourachées, je n’ai pas été choquée plus que cela dans ces cas précis. Sûrement parce que la jeune femme a un caractère suffisamment affirmé pour contrebalancer ces instants de nunucheries… Et puis aussi certainement parce que cet amour qui naît entre Jane Eyre et Mr Rochester est bien plus qu’une relation charnelle. C’est avant tout une passion fusionnelle de deux esprits souvent contradictoires mais finalement bien plus proches qu’ils ne se l’imaginent eux-même.

Jane Eyre est un gros roman classique de 520 pages. Typiquement le genre de livre qui pourrait faire fuir de peur de s’ennuyer face à style trop vieillot et rébarbatif. Et pourtant, je peux vous assurer que certains livres contemporains sont bien plus ennuyeux qu’un roman comme Jane Eyre. Car oui, certes il  y a quelques longues descriptions sur les conditions de vie à l’orphelinat, sur les paysages anglais, mais il y a également beaucoup de passages pleins de vie et d’intrigues. De très nombreux passages qui vous feront découvrir une Jane Eyre au caractère bien affirmé, une Jane Eyre qui a pris son destin en mains.

 

Des souris et des hommes. John Steinbeck

Des souris et des hommes faisait partie des livres que je voulais absolument lire. Parce que je me souviens avoir vu le film au cinéma, et que celui-ci m’avait beaucoup plu. Or ça tombe bien, ce roman fait partie du Baby-challenge classique de Livraddict. Et puis après mon coup de cœur pour A l’est d’Eden, comment ne pas se laisser tenter par un nouveau roman de John Steinbeck ?

 

 

Synopsis

Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux.
– Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc. Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l’autre main, il lui couvrit la bouche et le nez. – Non, j’vous en prie, supplia-t-il. Oh, j’vous en prie, ne faites pas ça. George se fâcherait. Elle se débattait vigoureusement sous ses mains… – Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j’ai encore fait quelque chose de mal.
Il m’laissera pas soigner les lapins.

 

 

Mon avis

Des souris et des hommes, c’est un petit livre (189 pages), mais c’est un condensé d’émotions. Encore une fois, j’ai eu un coup de cœur pour le style de Steinbeck. Une écriture faite de dialogues au langage familier, mais en même temps emprunte de beaucoup de poésie. Rien qu’avec son style, l’auteur arrive à faire ressentir l’essence du lieu, le caractère des personnages. Il y a, je trouve, une sorte de théâtralisation de l’histoire à travers cette écriture.

Et justement, parlons-en de cette histoire. En somme, elle n’est pas très compliquée : C’est l’histoire d’une amitié entre un homme à la force colossale et à l’intelligence limitée, et un homme plus débrouillard qui va veiller sur le premier. L’histoire de deux hommes qui rêvent à une vie meilleure dans leur Californie natale, et qui vont aller travailler dans un ranch pour essayer d’atteindre ce rêve. Et puis, il y a l’évènement qui va tout chambouler. Cet accident qui va bousculer tous les projets des deux hommes… jusqu’au point de non-retour. La fin du livre est bouleversante… mais finalement pas si inattendue que cela dès lors où l’on a appris à connaître les personnages.

Mais, des Souris et des Hommes, c’est surtout une histoire humaine qui décrit un pan de la société américaine des années 30, et plus particulièrement de la Californie. Un thème cher à Steinbeck, que l’on retrouve également dans « à l’est d’Eden ». A travers Lennie et George, mais aussi des autres personnages, on découvre la vie de ces journaliers – ces travailleurs à la journée – qui passent d’une exploitation à l’autre, à la recherche d’un peu de travail pour survivre. Et l’on prend conscience que si leur misère pécunière est grande, elle l’est souvent moins que leur pauvreté relationnelle. Car ce sont souvent des hommes solitaires, sans familles, sans relations fixes.

Ce roman est certes court, et ne s’encombre pas de descriptions. L’auteur va directement à l’essentiel, en insérant beaucoup de dialogues dans le récit. Et pourtant il réussit à véhiculer des tas d’émotions et de réflexions sur l’âme humaine, sur le rêve, sur l’amitié…
Un roman que je vous conseille très fortement.

 

 

Côté challenge

A l’est d’Eden. John Steinbeck

Il y a quelques années de cela, j’ai vu A l’est d’Eden,  très beau film d’Elia Kazan, avec James Dean dans un des rôles principaux. J’ai aimé le film, il fallait donc que je lise le roman dont il était tiré.

Synopsis

Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam, épris de calme. Charles, son demi-frère, dur et violent, Cathy, la femme d’Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, ses enfants les jumeaux Caleb et Aaron. En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l’auteur nous raconte l’histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.

Mon avis

700 pages de pur bonheur. Voilà ce que je me suis pris avec ce roman. Quoique… bonheur n’est peut-être pas le mot adéquat pour définir cette histoire, car là-dedans, tout n’est pas rose. En fait, le rose est même très rare. Une chose est sûre : j’ai adoré !

Dans ce roman, on va donc suivre les familles Trask et Hamilton à travers plusieurs générations. Mais finalement, c’est surtout la vie d’Adam Trask qui nous est racontée, depuis avant sa naissance jusqu’à la fin et même après. Contrairement au film où l’on ne le voit qu’adulte, j’ai aimé découvrir ce qu’a été son enfance et sa jeunesse, j’ai apprécié en savoir plus sur sa relation avec son frère, ses parents. A n’en pas douter, John Steinbeck nous offre ici une formidable saga familiale, riche en émotion, pleine de surprises (pas forcément très bonnes), où chaque personnage tient un rôle important qui risque de faire basculer le destin de chacun. Chacun voit son portrait brossé par l’auteur de manière très convaincante, que ce soit le portrait physique que l’aspect psychologique du personnage. Mais il faut aussi souligner avec quel brio il met en exergue les relations que peuvent entretenir les personnages entre eux. Que ce soit Adam avec Cathy, Cal avec Abra ou encore Samuel avec Adam, on sent à travers ces relations que l’auteur a voulu faire transparaître toute l’humanité de ces êtres, y compris leurs aspects les plus inhumains. Parmi les thèmes présents dans ce livre, les rapports humains tiennent une part très importante.

Mais ce n’est pas le seul, car John Steinbeck attache également une grande importance sur les lieux. En effet, l’histoire se déroule en Californie, et plus précisément à Salinas, ville où a vécu l’écrivain. Il y évoque ce tiraillement que l’on peut ressentir à vouloir découvrir le monde tout en rechignant à laisser ses racines derrière soi. A travers les générations de Trask et d’Hamilton, c’est aussi l’évolution et la transformation de Salinas qui s’opère sous nos yeux. Un monde rural, rocailleux, dur, qui laisse la place peu à peu à une industrialisation plus moderne, un mode de vie bien différent.

A l’Est d’Eden n’est pas ce qu’on pourrait appeler un roman joyeux. Les évènements qui y sont décrits sont bien souvent très durs. Les personnages sont souvent confrontés à des choix difficiles, où ils devront choisir entre le moins pire d’entre eux. Et pourtant, ce roman n’est pas triste, l’auteur ne nous livre pas une histoire larmoyante, juste une histoire pleine de sobriété, avec ses difficultés, ses aléas… Résultat : Si on ne sort pas de cette histoire avec un grand sourire aux lèvres, on n’en sort pas non plus déprimé.

Enfin, il s’agit d’un roman qui amène pas mal de pistes de réflexion. Sur les relations humaines, comme je l’ai dit plus haut, mais également sur les choix qui nous guident tout au long de notre existence. Car c’est bien cette opposition entre le bien et le mal qui anime chaque personnage de ce roman, et si l’ont perçoit rapidement chez certains de quel côté ils se trouvent, les autres se trouvent en revanche très souvent sur la corde raide, prêts à basculer d’un côté ou de l’autre. L’auteur tient à démontrer ici à quel point il peut être facile de passer d’un côté à l’autre.

Vous l’avez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman, et je ne peux que vous le conseiller. Pour son histoire, sa narration, et pour les thèmes abordés.

Côté challenge

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