L’attrape-coeur. JD Salinger

Fin octobre, je devais participer au book club de livraddict consacré à L’attrape-cœur de JD Salinger. Mon emploi du temps m’en a empêché, néanmoins j’avais quand même lu le roman, puisque de toute façon j’avais eu l’intention de le lire un jour.

 

 

Synopsis

Le roman, écrit à la première personne, relate la période où Holden Caulfield, expulsé du collège Pencey Preparatory trois jours avant les vacances de Noël, retourne à la maison familiale, à New-York. Il déambulera en ville avant de devoir annoncer la nouvelle à ses parents.
Âgé de dix-sept ans, Holden est plein d’incertitudes et d’anxiété, à la recherche de lui-même. Il vit son passage à l’âge adulte et comprend qu’il perd l’innocence de l’enfance. L’une des plus belles images de l’auteur pour exprimer ce passage est lorsque Holden demande au chauffeur de taxi où vont les canards lorsque l’étang gèle. Salinger dans ce roman décrit avec ironie et justesse la société américaine des années 1950.

 

Mon avis

Ce roman, j’en avais entendu parler pour être celui qui était en sa possession lorsque Mark Chapman tua John Lennon. A part ça, je n’en savais pas grand-chose, à part que les avis sont très divergeants le concernant. Bref, fallait que je me fasse ma propre idée.
Quand j’ai refermé ce livre, j’étais incapable de dire si j’avais aimé ou pas.  Car dans l’ensemble j’ai trouvé la lecture intéressante, mais un peu fastidieuse à cause du langage familier, parfois même trop familier à mon goût. Au début de ma lecture, cela ne m’a pas dérangée, mais j’avoue que sur la longueur, j’en devenais moins fan. Ma première impression finale était donc assez mitigée.
Et puis, après quelques jours de réflexion avec moi-même (et Dieu sait si moi-même sommes nombreux), j’ai réalisé que en fait si, ce roman était un petit diamant de la littérature. Mais un diamant à l’état brut.  Tellement brut, que je dois vous avouer une chose : j’ai longtemps galérer pour mettre les mots sur mon ressenti et donc pour rédiger cette critique.

Dans cette histoire, on va suivre Holden Caulfield, un adolescent qui va errer durant trois jours dans New York suite à son énième renvoi d’un collège. Si l’auteur nous mène à travers son personnage d’un quartier de New York à l’autre, ce n’est pas là le sujet principal de l’histoire. Disons, que personnellement, ce n’est pas ce roman qui m’aura donné l’envie d’aller découvrir la ville. Sauf Central Park, pour essayer de résoudre l’énigme des canards 😉

Non, le sujet principal c’est Holden himself. Car si nous suivons ses déplacements, ce sont surtout ses pensées, ses projets, ses espoirs et ses craintes que nous suivons. D’ailleurs, le fait que le roman soit écrit à la première personne ajoute à cette immersion dans le monde d’Holden Caulfield.
Or, le jeune homme se trouve à une période critique de son existence : L’adolescence. Le marquage du passage entre l’enfance et l’âge adulte. La fin d’une certaine innocence, le début de responsabilités, la prise en main de son destin et de sa propre vie…. Et si j’ai mis quelques jours à réaliser l’impact de ce roman, c’est parce qu’au premier abord, je trouvais que les réflexions du personnage n’étaient pas forcément très « profondes » , ou très abouties. J’ai trouvé qu’il y avait pas mal de digressions et que parfois ses pensées partaient dans tous les sens. Oui, plusieurs fois, je me suis demandée où allait me mener cette histoire, et est-ce que l’auteur le savait lui-même. Et puis, après y avoir pensé, j’ai compris que justement, ce qui faisait tout l’intérêt de ce livre, c’est son aspect très familier, avec ses réflexions sans buts, l’errance de ce jeune adolescent qui se cherche lui-même, qui cherche un but à sa vie, et qui de ce fait ne va pas suivre une ligne de pensée unique, mais être sur plusieurs fronts à la fois. Holden, c’est juste un jeune américain des années 50 qui a des attentes et des préoccupations d’un jeune américain des années 50.

Alors bien sûr, si vous vous attendez à de l’action et des rebondissements à chaque page, avec ce roman vous allez vite déchanter. Car concrètement, il ne se passe rien de significatif niveau action. On peut même dire qu’il y a une certaine stagnation, quand on voit ces moments où le jeune homme erre d’un point à l’autre à ne pas trop savoir quoi faire. Cependant, c’est typiquement le genre de roman où justement il faut savoir voir au-delà des premières apparences, et ne pas s’arrêter à sa première impression. Oui, le langage familier peut être rebutant, et moi-même il m’a pas mal gênée. Oui, on peut se demander quel est finalement le but de cette histoire, et est-ce qu’il y en a un, d’ailleurs. Oui mais au-delà de ça il y a un cheminement plus qu’intéressant, une vision de la société américaine à travers les yeux d’Holden qui est loin d’être idiote. Et il y a surtout cette réflexion sur lui-même et sur son devenir en tant qu’adulte qui trouve encore écho en nous, même 60 ans plus tard. En effet, bien qu’ancré dans les années 50, ce roman a quelque chose d’intemporel à travers son personnage.
Au fond je n’ai qu’un seul regret : ne pas l’avoir lu plus tôt.

 

Côté challenge

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9 réflexions sur “L’attrape-coeur. JD Salinger

  1. je suis d’accord avec toi c’est bien de se faire son propre avis et visiblement ce roman a tenu ses promesses.

  2. Je l’ai lu, l’ai trouvé poétique et touchant, puis suis passée à d’autres livres. Cela rejoint plutôt bien ce que tu en dis : je pense que les différents lecteurs vont ou pas y trouver leur compte, mais c’est difficile d’en être sûr avant d’ouvrir le livre. Je retiens quand même que c’est assez court et que ça se lit bien, qu’on accroche très fort ou non – difficile à mon sens de coincer très fort dessus dans tous les cas !

  3. Merci pour ta critique, je n’avais pas encore lu ou entendu de critique aussi détaillée.
    Je pense que ce livre fait parti des ouvrages qui ne sont pas censés être de l’action mais de la réflexion. Et je pense que je le lirai un jour car il a marqué beaucoup de lecteurs.

  4. Je ne sais pas pourquoi, on reparle beaucoup de ce roman en ce moment… Enfin si sans doute à cause (ou grâce) au livre de Frédéric Beigbeder. Il est dans ma bibliothèque et j’ai trés envie de l’en sortir non plus pour savoir de quoi ça parle mais pour avoir un avis sur LE roman de J. D. Salinger.

  5. Je ne sais pas trop pourquoi on reparle beaucoup de ce livre en ce moment… Enfin si sans doute à cause du livre de Frédéric Beigbeder. Ce livre est dans ma bibliothèque, il faut absolument que je l’en sorte non plus pour savoir de quoi ça parle mais pour avoir un avis sur LE livre de Salinger.

  6. Une très belle critique, tu n’es pas la seule à dire qu’il ne sait pas si il a aimé ou pas. Personnellement, j’adore ce roman : un de mes livres de chevet.

  7. Les meilleurs auteurs sont ceux qui sont le plus difficiles à critiquer. JD Salinger promène ses lecteurs de gauche à droite, on se demande souvent s’il y a quelque chose à comprendre, une morale ? ou s’il nous mène vraiment en bourique.
    Il était doué, si doué, si perturbant. Son langage « familier » est très bien maîtrisé, et, personnellement, c’est ce que je trouve le plus drôle dans ses textes, surtout dans ses nouvelles type « Oncle déglingue au Connecticut » . C’est n’importe quoi, mais au final, très réaliste.
    J’ai connu cet auteur grâce à l’oeuvre de Frederic Beigbeder « Oona et Salinger », et mille mercis pour cela.

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