Mali, ô Mali. Erik Orsenna

Pour commencer, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Stock pour m’avoir permis cette lecture en partenariat.

 

 

 

Synopsis

Voulez-vous les dernières nouvelles du Mali ? Un guide que vous connaissez bien, Mme Bâ Marguerite, se propose de vous y emmener. Rappelez-vous : comme on lui refusait son visa, elle avait expliqué à la République française qui elle était. Ensuite, de mauvaise humeur, elle avait traversé quelques déserts et la Méditerranée pour tenter de retrouver son petit-fils happé puis abandonné par les agents recruteurs du Paris-Saint-Germain. Dix ans plus tard, tous deux retournent dans leur pays menacé par les djihadistes. Il faut dire que Mme Bâ, qui n’est pas humble de nature, se prend pour une Grande Royale, une Jeanne d’Arc africaine. Et l’ex futur footballeur est devenu musicien, c’est-à-dire griot, embauché par sa grand-mère pour raconter sa campagne de libération mi-glorieuse, mi-désespérée. Sur les pas de ce duo, vous rencontrerez les femmes échappées de justesse aux horreurs de la charia. Vous découvrirez l’économie très puissante et très illégale dont vit grassement le Sahara. Vous ferez connaissance avec des petits capitaines, soldats d’opérettes, terrorisés par les combats. Vous tomberez sous le charme de leurs épouses prédatrices, frénétiques de la Visa Premier. Vous remonterez le fleuve Niger en échappant à toutes sortes de périls. Vous verrez comment et pourquoi bandits et djihadistes s’entendent comme larrons en foire. Vous atteindrez juste à temps Tombouctou pour assister à l’arrivée des Français. Surtout vous plongerez dans la réalité du Mali, sa vaillance, sa noblesse. Mali, ô Mali ! Comment ne pas comprendre que ta fragilité est la nôtre ?

 

 

Mon avis

Peut-être avez-vous déjà eu l’occasion de rencontrer Madame Bâ dans le roman éponyme ? Pour ma part, c’est la première fois que je croisais son chemin. Et un chose est sûre, quand tu croises Marguerite Bâ, munie de ses années et ses kilos, tu ne risques pas de l’oublier ! C’est que la dame se fait imposante, dans tous les sens du terme.

C’est donc mandatée par ses compatriotes immigrés dans le grand Nord du Mali (Région Parisienne) que Marguerite Bâ va se faire un dévoir de retourner dans son Pays natal afin d’y remettre de l’ordre. Enfin, au moins essayer d’y trouver et comprendre les sources des conflits qui y font rage. Pour cela, elle sera accompagnée de son petit-fils qui fera office de griot. Mon érudition atteignant parfois ses limites (parfois seulement), je suis allée faire un tour sur le net pour savoir ce qu’était exactement un griot. Ainsi, j’ai appris qu’un griot n’était pas un scribe, comme je me l’étais imaginée, puisqu’il a entre autre pour but de perpétrer la tradition orale. Or bien sûr, quoi de plus normal pour une personne comme Madame Bâ que d’avoir un griot pour raconter sa croisade à travers le Mali ?

Le Mali justement, parlons-en. Le pays est depuis quelques temps en proie à une Guerre Civile à propos de laquelle je ne m’étalerai pas sur les tenants et les aboutissants, étant donné que je ne les maîtrise pas plus que cela. Quoiqu’il en soit, terrorisme, trafic de drogue et corruption sont le lot quotidien de ce pays qui a vu son président destitué à la suite d’un coup d’état militaire. Bref, c’est le dawa et ça ne plait pas à Madame Bâ. Alors, accompagnée de son griot de petit-fils, elle va parcourir le pays, le remonter jusqu’à la source de tous ces conflits, et, comme elle le dit elle-même, pourquoi pas jusqu’à nos origines d’humains. Car comme elle aime à le rappeler, c’est bien ici en Afrique que se trouvent les origines de l’espèce humaine, ici que tout à commencé.

Oui, le sujet est grave, d’autant plus qu’il est terriblement d’actualité. Mais Ismael, griot de son état, nous raconte cela d’une manière débridée, sans complaisance et surtout sans fausse pudeur. Au travers de récits poignants, difficiles à supporter pour certains, des histoires graves, on retrouve ce petit trait d’humour qui, loin de minimiser les drames vécus par les habitants du pays, leur donne comme une sorte de résonnance. Et une chose est sûre, c’est que pour que ces personnes acceptent de se confier, il fallait bien une Madame Bâ. Car Marguerite est autoritaire, m’as-tu-vu, revancharde, imposante, bref c’est une chieuse, mais Marguerite elle sait aussi écouter et comprendre. Mais elle sait aussi expliquer. Car à travers son périple, le lecteur appréhende d’une manière plus abordable ce conflit qui sévit au Mali. Bon d’accord, j’aurais pu dire que c’est Erik Orsenna qui, par le biais du périple effectué pour Madame Bâ, lui-même raconté par son griot, nous permet de mieux comprendre le conflit, mais non, moi je reste persuadée que la vraie conteuse, c’est Marguerite Bâ.

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