A tombeau ouvert, William Styron

Les partenariats ont ça de bien, qu’ils permettent de découvrir des lectures qui, de prime abord, ne sont pas forcément dans nos habitudes. Et de prime abord, « A tombeau ouvert » n’est pas le livre vers lequel je me serais arrêtée si je l’avais vu dans une librairie. En fait, je l’ai choisi un peu au hasard parmis les autres proposés en me disant qu’après tout, pourquoi pas.

Avant de commencer mon avis sur ce livre, je remercie bien sûr Livraddict pour la mise en place de ce partenariat, mais également un très grand merci à Gallimard qui, suite à un premier envoi qui n’est jamais arrivé jusqu’à ma boîte aux lettres (certainement dû à la méchante reine qui a fait disparaître le livre par magie), a proposé de m’en envoyer un autre exemplaire.

 

 

 

Synopsis

Cinq nouvelles de Styron publiées de façon posthume, écrites à des dates très différentes et qui, pourtant, forment un tout cohérent tant elles sont inspirées par la vie et les préoccupations centrales de l’auteur.

 

 

Mon avis

A travers ces cinq nouvelles, Styron nous embarque dans l’univers des Marines. Vous savez ? Ces soldats américains sans peur et sans reproche et dont la devise est « semper fidelis ». Sauf que là, l’auteur nous démontre que le soldat est un homme, qu’il peut avoir peur et qu’il se demande s’il fait bien de rester fidèle.

Ces histoires, situées entre la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre de Corée, ne nous parlent pas de la guerre en tant que telle, mais plus exactement de l’avant et de l’après. L’auteur y évoque comment et pourquoi un homme peut s’engager chez les Marines sans raison apparente ; il y parle également des retours de Guerre, de ces soldats qui se demandent pourquoi ils ont pu rentrer chez eux, alors que leurs camarades sont morts au front.

 

William Styron ayant lui-même été Marine, ces nouvelles ont donc une portée autobiographique. Les histoires qui y sont racontées relèvent de l’expérience de l’auteur, et ne sont pas que pure imagination. A ce titre, je m’attendais donc à lire quelque chose d’humainement poignant, de fort émotionnellement. Et bien pas du tout. Excepté Mariott le Marine (qui est la nouvelle que j’ai préféré), j’ai trouvé que les nouvelles manquaient d’émotion, qu’il y avait un je-ne-sais-quoi de mécanique dans le récit. Un peu comme ci le fait de raconter son histoire était pour l’auteur une sorte d’expiation, mais qu’il voulait malgré tout garder une certaines distance afin de ne plus se sentir concerné. Ou bien pour ne pas être rattrapé par ses sentiments.

A tombeau ouvert est un recueil empreint de beaucoup de mélancolie et d’une certaine nostalgie aussi. L’ambiance décrite y est plus souvent pessimiste qu’optimiste.
Cependant, aussi mélancolique que soit la plume de l’auteur, et malgré le côté manque d’émotion, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. J’ai trouvé intéressant de découvrir des soldats qui doutent, qui d’un seul coup ont peur de mourir en plein champs de bataille, qui se maudissent d’avoir eu plus de chance que leurs camarades qui ne rentreront jamais chez eux. Et dans un sens, peut-être que justement, c’est ce manque de sentiment qui fait la force de livre, qui lui donne tout son intérêt.

En conclusion, le hasard fait parfois bien les choses et je suis heureuse que mon choix de lire se soit porté sur celui-ci. Une très bonne découverte pour moi.

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2 réflexions sur “A tombeau ouvert, William Styron

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