Billet très mélancholique

Bonjour les gens !

Après avoir vu la Bande Annonce, et le synopsis de Melancholia, j’étais assez impatiente de découvrir le film. Le thème de la fin du monde, s’il n’est pas nouveau, avait, d’après les critiques pré-visionnages que j’ai pu en lire, était abordée d’une façon novatrice.
Cela suffisait pour me convaincre d’aller le voir.
Le fait que Lars Von Trier en soit le réalisateur ne m’a pas du tout influencée… le seul film que j’ai vu de lui étant Dancer in the Dark qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Je n’avais pas accroché plus que ça. Mais j’avais tout de même envie de découvrir une autre de ses productions… parce que juger un réalisateur de cette renommée sur un seul film ne me semble pas judicieux.
Les très, très nombreuses critiques positives qui ne cessent d’encenser le film ont-elles eu une influence ? Oui, surement. Je ne base pas ma sélection de films selon les critiques des médias, et il m’arrive régulièrement d’en faire totalement abstraction, histoire de mieux me forger mon opinion personnelle. Ceci étant, je me refuse de tomber dans la position ridicule qu’adoptent certains « pseudo-cinéphiles » amateurs de cinéma « d’auteur » et considérant que tout film dépassant les 100 copies est une daube commerciale bonne uniquement à atrophier le cerveau humain.
Donc oui, il m’arrive d’aller voir des films parce que Toulmonde il dit que c’est génial.
C’était le cas pour Melancholia. D’après les forums, les critiques de pro et de simples spectateurs l’ayant vu en avant-première, Melancholia c’était Le film à ne pas rater.
Alors le jour de sa sortie officielle, je m’y suis précipitée. C’était en Août 2011

 

Et là, ce fut le choc !

Moi qui m’attendais à un spectacle grandiose, je suis ressortie de la salle avec un profond sentiment de scepticisme.
Serais-je insensible à une certaine beauté du cinéma ? Suis-je trop stupide pour n’avoir pas su déceler le superbe message caché du film ? Je ne sais pas… En tout cas, Melancholia ne m’a pas emballée outre mesure.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté ce film, car j’y ai trouvé quelques scènes très belles et intéressantes. Simplement, je n’ai pas été éblouie.
J’ai d’ailleurs eu du mal à me décider sur le nombre d’étoiles à décerner à ce film. J’ai hésité entre 2 et 3. Disons que 2 ½ aurait été plus exact ^^.
Je vais donc tenter de vous expliquer pourquoi je ne considère pas Melancholia comme un chef d’œuvre.

 

Commençons par le synopsis

Après une looongue intro (j’y reviendrai), le film se divise en deux chapitres.
Le premier, intitulé Justine nous conte le mariage de cette Justine avec Michael, le tout étant organisé dans le somptueux château de la frangine (Claire) et du beau-frère. Tout ne se passe pas dans le meilleur des mondes au pays des Bisounours. La famille est quelque peu… bizarre ? Quant à Justine, elle se montre très tourmentée.
En plus, dans le ciel elle a vu une étoile rouge qui disparaîtra par la suite, cachée par une planète faisant une petite promenade dans l’Univers.
Dans le second volet intitulé Claire (donc la sœur de la mariée, si vous avez suivi), les invités sont partis, ainsi que le marié. La planète Melancholia (qui a caché l’étoile rouge) continue son bonhomme de chemin. Droit sur la Terre. Des personnages restants, il y a ceux qui pensent que c’est la fin du monde, et ceux qui pensent que Melancholia va éviter la Terre.
Les personnages sont plongés dans une espèce de mélancolie, d’état second. Le tout s’accentuant au fur et à mesure que Melancholia se rapproche de la Terre. Jusqu’à ce que…

En soi, le thème était intéressant, et l’idée de traitement avait quelque chose d’assez intriguant pour en faire un film à part dans la série «la fin du monde ». Mais ça n’a ma pas suffit pour me convaincre totalement.

 

Au début était la fin

Comme je le disais, le film commence sur un prologue. Je ne vous raconterai pas ce qu’on y voit, vous laissant la surprise si vous avez décidé d’aller voir le film.
L’image est très belle, les ralentis sont réussis. Sur ce point, il n’y a rien à redire, c’est esthétique et cet épilogue pourrait constituer un joli court-métrage à lui seul.
En revanche, si le Prélude de Tristan et Iseut de Richard Wagner est une magnifique pièce de musique, j’ai du mal à comprendre le choix de ce morceau. En effet, Tristan et Iseut nous raconte une histoire d’amour impossible, tandis que Melancholia, bah c’est la fin du monde.
Bien sûr, on pourrait me répondre que la musique a un lien avec le couple de Justine et Michael. Oui mais non ! Parce que l’amour impossible de Tristan et Iseut est complètement différent de l’amour impossible entre Justine et Michael. Il y a bien un drame derrière tout ça, mais pas le même.

Cependant, il est vrai que le côté théâtral et grandiloquent de la musique Wagnerienne se prête parfaitement à ce genre de film, et il faut avouer qu’elle accompagne magnifiquement les images.
Ce prologue, esthétiquement beau, quoiqu’un peu longuet, est le type même de l’intro du film où toi, spectateur, tu comprends pas vraiment ce que le réalisateur a voulu dire. Mais, tu sais que tu auras ta réponse pendant le déroulement du film, voir tout à la fin.
Donc, moi je m’impregne des images. J’essaie d’en retenir quelques moments clés qui me paraissent importants, afin que, le moment venu je puisse faire le rapprochement.
Tout ça pour rien, puisqu’à la fin du film, je n’ai toujours pas compris le sens de cette introduction. Ou plus exactement, je m’étais fait une interprétation de la scène et des personnages, notamment de Justine, totalement différente.
Et comme cette interprétation n’est absolument pas évoquée dans le film, et bien j’avoue que ça m’a un peu perturbée. Serait-ce que je n’ai pas compris le film ? J’avoue que je me suis posée plusieurs fois la question… Et pas que pendant l’intro…

 

Justine mise au point… sur le premier chapitre

Cette partie relate donc le mariage de Justine et Michael, organisé dans la faste demeure de la sœur et le beau-frère de la mariée.
Dès les premières images, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un mariage de Bisounours « lls vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Non, non ! Lars Von Trier s’amuse à mettre à mal le principe même du mariage. Avec plus ou moins de subtilités, avec des choix plus ou moins judicieux.

J’ai beaucoup aimé le principe même de la mariée qui a du mal à participer à son propre mariage. Et puis son mari… qui semble se demander ce qui arrive à sa toute nouvelle épouse. Lui aussi a quelque chose d’attachant. Pas émouvant, mais attachant.

L’évolution psychique et psychologique de ces deux personnages durant cette partie est prenante.
Justine, emprise d’une mélancolie ( ! Je reviendrai plus tard sur ce détail) grandissante, semble incapable d’aimer. Et pour cause ! Être la seule à savoir des choses, ça a de quoi vous perturber… Kirsten Dunst tient admirablement bien son rôle de femme dépressivo-mélancolique dont l’état se dégrade jusqu’à un point de non-retour. Avec une telle force d’interprétation, j’affirme que l’actrice n’a pas volé son prix d’interprétation féminine.

Alexander Skasgard, dans le rôle du Michael, ne démérite absolument pas. Son rôle, ses agissements, sa façon d’être interagissent très bien avec ceux de Justine.
Je dois avouer qu’au début, j’ai eu un peu de mal avec ce mari qui veut que ce mariage soit réussi coûte que coûte, et ne semble pas, ou ne veut pas comprendre que son épouse n’est pas de la fête. « Encore un imbécile à côté de la plaque incapable de voir l’évidence », me suis-je dit.
Et pourtant. Au fur et à mesure, et bien je comprends que non ! Michael n’est pas cet homme stupide. Je devine qu’il comprend bien mieux que ce qu’il laissait paraître au départ. Et cela accentue son côté humain, à la fois fort et fragile. Le personnage en devient de plus en plus touchant.
Et d’ailleurs, la façon dont il quitte son propre mariage (ouais, je spoile un peu, mais toute façon c’est pas LA surprise du film) résume parfaitement l’état d’esprit du personnage. Un départ presque intimiste, sans grandes pompes ni scènes à n’en plus finir pour faire comprendre qu’il part. Le fait que cette scène soit filmée de manière plutôt sobre accentue le côté dramatique, mais surtout lui confère un côté presque banal qui donnerait presque des frissons.

Si seulement tout le film avait pu être ainsi… plus sobre, plus simple…

Le couple Claire-Charlotte Gainsbourg / John-Kiefer Sutherdland est particulièrement intéressant et j’ai vite compris qu’il allait avoir un rôle important dans la suite du film. J’y reviendrai plus tard.
Mais cette partie souffre également de quelques points plus négatifs.
Nous avons droit à quelques clichés trop vus et pas forcément utiles pour le déroulement du film.

A commencer par Les parents de la mariée. La mère qui n’aime pas les mariages et joue les grandes gueules en balançant les vérités sur son mari, au risque de faire foirer la cérémonie, bah moi j’accroche pas. J’ai trouvé ça grottesque, sans intérêt. Et même Charlotte Rampling, excellente actrice au demeurant, ne réussit pas à me convaincre de l’utilité d’une telle séquence. Parce qu’elle est où cette utilité d’ailleurs ? hein ? Pour faire comprendre que le principe même du mariage évolue ? Pour donner une pitchenette dans cette société aristo trop policée et remplie de non-dits ? Et bien non ! Je n’ai pas besoin de ça pour m’en rendre compte !
On continue avec le rôle du patron de Justine dont le rôle m’a laissée… dubitative. Ah oui, parce que Justine elle est fraîchement nommée Directrice artistique dans une agence du Pub. Tant mieux pour elle, mais en réalité on s’en tape.
Donc le boss de Justine… Je n’ai pas bien compris pourquoi il était invité à ce mariage (décidément, y a beaucoup de choses que je ne comprends pas dans ce film ^^). Quoi ? Encore une histoire de société Aristo et d’invitations forcées ? Mouais… Et puis je voudrais pas dire, mais le jour de mon mariage, j’aurais pas forcément envie que mon chef vienne me confier des missions. M’enfin, comme je n’ai pas l’intention d’inviter mon chef à mon mariage… et qu’en plus je n’ai pas prévu de me marier, la question ne se pose pas :-D.
Donc, pour résumer, le rôle est tellement caricatural qu’il en devient risible et exaspérant. Vraiment dommage !

Au final, malgré quelques inégalités ce chapitre consacré au Mariage Raté de Justine et Michael s’avère intéressant et le réalisateur apporte un regard qui dans une certaine mesure fait réfléchir le spectateur.
Oui mais…

Oui mais… Et la planète Melancholia dans tout ça ? Parce que bon, à la base c’est un peu l’élément principal du film ? Enfin ça devrait l’être. Et à part quelques allusions, et bien je trouve qu’elle est bien absente dans les esprits !
D’accord, la « mélancolie » de Justine est en quelque sorte une métaphore à la planète Melancholia. Mais est-ce de la mélancolie ou de la dépression ? Il est vrai que les deux termes sont très liés, voir presque synonymes. Pour autant, il existe je crois une différence entre les deux. Sur ce point, je suis très peu informée. Cependant, j’y ai plus perçu de la dépression que de la mélancolie.

Cette première partie servirait alors à mettre en place l’intrigue qui va suivre dans le second chapitre ? Si c’est le cas, et bien mon dieu que c’est long !! Et ç’en est d’autant plus navrant qu’en supprimant quelques scènes ou personnages inutiles, en simplifiant quelques scènes, je reste persuadée que le rapprochement entre le mariage et cette planète qui menace la terre aurait été plus convainquant sans perdre son côté métaphorique.

 

 

Claire voyance… du deuxième chapitre

On en arrive donc au deuxième chapitre du film, consacré à la sœur de Justine : Claire.
Après le mariage foiré, et les invités inutiles partis, Claire et son mari John vont accueillir Justine dans leur demeure qui est en très profonde dépression (Justine, pas la demeure). A tel point qu’elle ne peut même plus bouger, elle est passe son temps à dormir. Elle est mal quoi !
Bah oui, parce qu’elle sait ! Elle sait que… (euh… je dis ou je dis pas ? On va pas m’en vouloir de spolier ? Oh et puis zut ! après tout ce n’est finalement pas ça qui est le plus important. Et pardon pour ceux qui seront déçus de cette révélation)… oui, donc Justine Sait que la terre va être détruite. Que Melancholia va jouer au bowling avec notre planète. Alors forcément, on comprend pourquoi elle refuse de se projeter dans l’avenir. On comprend qu’elle n’ait plus goût à rien.
Mais les autres, c’est-à-dire Claire, John et leur bambin, bah eux ils sont beaucoup moins sûrs. Ou alors ils savent mais refusent de l’admettre.
On va donc assister à des attitudes très différentes selon les personnages face à cette apocalypse imminente.
Et c’est en ce point que ce chapitre est très intéressant.

En effet, Lars Von Trier nous met face à une question que l’on s’est tous posée un jour : Et si la fin du monde arrivait demain, vous feriez quoi ? Sauf que pour une fois, nous ne sommes pas confrontés à une fin à force de grand héros que sauvent la terre et effectuent des supers actes de bravoure appuyés par des scènes interminables où les hommes se montrent plus courageux les uns que les autres (des scènes qui trainent en longueur il y en a, mais pas cette sorte. Je vous en parle plus tard). Non, là on a affaire à une famille banale (bon d’accord ils ont un château avec un golfe et à eux seuls ils représentent les différentes façons dont une personne réagirait face à la fin du monde, mais elle est une famille « presque » banale quand même) qui va affronter cette apocalypse à sa façon. En ce point, Lars Von Trier apporte un véritable renouveau dans la série « les films de la fin du monde ». Je ne dis pas que c’est le premier, ni le seul film à traiter le sujet de la sorte, mais sincèrement c’est la première fois que je vois un film sur ce thème placer l’Homme comme un « rien dans l’Univers ». Et ça, c’est bouleversant parce que même si ce n’est pas facile de se l’admettre, ben c’est quand même un peu vrai. Pour une fois qu’un réalisateur permet de se poser Véritablement la question de notre existence, et bien moi je tire mon chapeau (même si j’en ai pas).
Donc, comme vous l’avez compris Claire est le personnage autour duquel va s’axer le deuxième chapitre. Le personnage principal du film reste bien Justine, mais Claire va prendre toute son importance.
En fait, moi je dirais que c’est le couple Claire/John qui va prendre son importance.
L’évolution psychologique de ces deux personnages est pour moi LE point positif de ce film.
Tout d’abord, parce que ce couple qui au début parait non pas inutile mais un peu passe-partout va prendre de l’ampleur au fur et à mesure du film. Bien sûr, le fait que beaucoup d’autres personnages aient disparus aide à les rendre plus centraux, mais il n’y a pas que cela.
En effet, le fait de nous présenter deux attitudes différentes face à une possible terre qui va exploser (qui va flipper, qui va prendre ça sereinement, qui va refuser d’y croire, qui va espérer – Je ne vous révèle pas tout non plus, faut pas pousser) est assez simpliste. Certes.
Mais n’empêche !
Ça a beau être simpliste, ça n’en est pas moins saisissant. Parce qu’on comprend rapidement que parmi toutes ces attitudes aucune ne peut être blâmée. Aucune ne peut être acclamée. On a à faire à des êtres humains, avec leurs questions, leurs névroses, leurs peurs… Et ça, et bien quelque part c’est angoissant parce qu’on réalise que finalement on aura beau se poser la question aussi souvent que possible, on ne saura jamais comment on va réagir le jour où. Et d’ailleurs, faut-il vraiment se poser la question, puisque de toute façon on n’y pourra rien ?

 
Ensuite, parce que les acteurs y sont pour beaucoup dans la réussite du film.
Charlotte Gainsbourg qui interprète Claire est simplement exceptionnelle. On voit ses émotions l’envahir crescendo. On la voit se confronter à tout un tas de sentiments. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est le fait que l’actrice arrive à rendre Claire à la limite exaspérante, mais touchante quand même. Le genre de personnage que, à cause de certains de ses agissements, on a envie de baffer, mais qu’on ne baffe pas parce que finalement on arrive à la comprendre. On ne la plaint pas, mais on la comprend. (Vous comprenez ce que j’ai voulu dire ? :-D)
Kiefer Sutherland dans le rôle du mari, John est lui aussi magistral dans son rôle. On va voir son personnage évoluer, mais différemment de sa femme. Ni mieux, ni moins bien… juste autrement. Ça va peut-être vous paraître bête ce que je vais dire, mais pour qu’à Aucun moment je n’aie eu envie de faire le rapprochement entre John et Jack Bauer, c’est que l’acteur est entièrement rentré dans son rôle et lui a donné une véritable identité. (Parce que avouez que vous aussi, quand vous entendez le nom de l’acteur vous pensez à Jack ! Hein ? Dites moi que je suis pas la seule !!)

J’ai aimé la façon dont l’intrigue évolue. J’ai apprécié le fait que pour une fois mes neurones soient mis à contribution… même si c’était parfois parce que j’avais du mal à comprendre où le réalisateur a voulu en venir. J’ai trouvé très bien qu’on ne me présente pas la fin du monde de façon vue et revue.

Sauf qu’il y a dans certaines choses qui m’ont empêchées d’apprécier totalement cette partie, et plus généralement le film dans son ensemble.
Pour commencer, il y a les scènes que je n’ai pas comprises. Je ne parle pas de scènes que j’aurais interprété de façons diverses, mais de celles où j’ai beau mecreuser le neurone, bah je vois vraiment pas ce qu’elles viennent faire là. Parce que oui, j’aime les films qui permettent de réfléchir, mais si je dois consulter 36 critiques pour enfin comprendre ce qu le cinéaste a voulu mettre en valeur, du coup ça ne m’intéresse plus du tout.
J’ai eu beau chercher des explications, la scène où l’on voit Justine se soulager au milieu du terrain de golf je ne l’ai pas comprise. De même que j’ai pas compris ce que venait faire ce tableau où on la voit nue, sous l’éclairage de la planète Melancholia.
Ensuite, j’ai eu beaucoup de mal avec cette espèce d’ambiance faussement pompeuse et grandiloquente.
Ca rend le film longuet et à la limite de l’ennui. Et sur ce point, j’avoue être extrêmement déçue.
Parce que les personnages sont intéressants et bien interprétés dans une très grande majorité. Parce que Lars Von Trier nous propose un thème maintes fois abordés, mais d’une façon très intéressante. Parce que le film met notre cerveau à contribution. Alors, pourquoi toutes ces scènes filmées avec autant de lenteur de lourdeur ? Pourquoi j’ai eu trop souvent l’impression que quand un personnage parle c’est pour déclamer LA réplique du siècle ? Pourquoi vouloir imprégner à ce film une atmosphère si pesante ?

Pour accentuer le côté mélancolique et dramatique du thème ? Et bien justement !! Je suis persuadée qu’en épurant son film, en le rendant moins pompeux, celui-ciaurait été beaucoup plus troublant. Il aurait gagné en émotion. Le fait d’avoir des personnages très humains et réalistes est en partie annihilée par cette manière pompeuse dont c’est filmé.
Et ça me dérange, parce que ça m’a empêché de m’attacher complètement aux personnages.
La toute dernière scène, avec Claire est magnifique. Ses émotions explosent, elle ne peut plus se contenir. C’est beau et touchant, c’est vrai. En plus, la musique aide beaucoup dans ce final explosif. Mais curieusement, et bien si ça ne m’a pas laissée indifférente, je j’ai pas vu non plus mes émotions m’échapper.
Voir la terre exploser et se dire tout simplement « Oh mince ! », je trouve ça très frustrant.
Je pense sincèrement que plus de simplicité m’aurait permis de mieux ressentir certaines choses sans pour autant en faire un film banal.

 

Conclusion explosive

Je n’ai détesté Melancholia. Je n’ai pas aimé non plus.
Je ne peux pas dire que je me sois vraiment ennuyée, mais malheureusement Lars Von Trier n’a pas réussi à me tenir en haleine durant tout le film.

J’ai apprécié de voir un film qui me fasse vraiment réfléchir. Face auquel je me pose des questions. D’ailleurs, je n’ai pas ressenti le besoin d’en débattre avec des amis autour d’un café, mais j’ai plutôt perçu cela comme une introspection. Une sorte de débat avec moi-même face à mes propres choix. Un point très positif et qui mériterait d’être plus souvent abordé dans les films. Pas forcément sur la fin du monde, mais sur n’importe quel thème.

 

J’ai aimé la façon dont les personnages évoluent différemment les uns des autres mais que, pour autant, on arrive tous à comprendre. C’est bien amené, c’est troublant… et je pardonne sans problème les quelques défauts… j’oublie les personnages que je trouvais inutiles.

 
Mais quel dommage d’avoir insufflé à ce film un air faussement pompeux qui le rend inutilement plus dramatique qu’il ne devrait l’être…

Oui, dommage.

Publicités

3 réflexions sur “Billet très mélancholique

  1. Alors attention je vais dire quelque chose de choquant : j’ai détesté ce film ! En fait je déteste ce réalisateur qui sous couvert de faire des films « intellectuel » que seul une élite peut comprendre, nous sors des films sans saveurs, souvent vulgaire et qui ne mérite pas toute l’attention qu’on leur donne. Je crois que le plus horrible reste Antéchrist qui m’a vraiment choqué et m’a conforté dans mon idée. Je n’ai même pas regardé Melancholia jusqu’à la fin d’ailleurs….

    • Mais non, ce n’est pas choquant ! chacun est libre d’aimer ou non un film 🙂 Et je te rejoins sur le côté « pseudo intello » qu’il essaie de donner à ses films. Je crois qu’il cherche trop à faire dans la métaphore, et du coup les films perdent en simplicité.

  2. Merci pour ce très complet analyse du film. J’ai vu le film, je ne l’ai pas regretté, mais je ne pense pas non plus que ce soit un film chef d’oeuvre.

Envie de laisser un petit mot ? :)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s